Méfiez-vous de la nouvelle superstar de Davos

Au début de ce mois, le dirigeant chinois Xi Jinping a été reçu comme une rock star à Davos, en Suisse, où il a prononcé  un discours devant l’élite occidentale, présentant son pays comme un roc de stabilité « dans un monde de plus en plus troublé ». Jinping – qui s’est fait photographier à côté de la sculpture de glace d’un panda – n’a pas nommément évoqué son collègue Donald Trump, ni les États-Unis, mais son message était clair : «personne ne peut gagner une guerre commerciale ». « S’engager dans le protectionnisme est comme s’enfermer dans une pièce sombre », a-t-il dit.Le discours de Xi Jinping a été perçu comme une tentative de combler la vacance du rôle de leadership que le monde en général – et l’Europe en particulier – ressent actuellement.

Le prix payé pour mener des recherches indépendantes en Chine communiste

La posture de Jinping en champion de la mondialisation et du libre échange est ridicule et grotesque, s’insurge le philosophe français Gaspar Koenig dans le journal économique français Les Echos :« La réalité chinoise ne pourrait être plus différente. De retour au pays, la glace fond et le joli panda laisse place à la faucille et au marteau. La Chine traverse une des périodes les plus autoritaires de son histoire récente », écrit le philosophe.Il relate qu’il a lui-même été avisé par des intellectuels libéraux chinois qu’il compte parmi ses amis du mouvement de répression dont ils ont été les victimes. Les autorités chinoises ont bloqué leurs sites internet, et leur adresse email. Leur compte de messagerie WeChat  (version chinoise de Whatsapp) est maintenant surveillé, et les journaux n’ont plus le droit de publier leurs articles. « Certains ont été placés sous surveillance policière permanente. Voilà ce qu’il en coûte de mener des recherches indépendantes en Chine communiste », ajoute-t-il.

« Le faux idéal occidental de l’indépendance judiciaire »

[…] Plusieurs professeurs d’université ont dû démissionner le mois dernier pour avoir osé émettre des critiques contre l’héritage de Mao Tsé-toung. Et pour ceux qui auraient encore des doutes sur les intentions du gouvernement, le plus haut magistrat du pays et président de la Cour suprême du peuple, Zhou Qiang, a dénoncé il y a quelques jours « le faux idéal occidental de l’indépendance judiciaire ».« Rien n’est parfait dans ce monde », a déclaré Jinping à Davos. Mais il semble très improbable qu’il soit l’homme providentiel qui va faire de ce monde un endroit meilleur.
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