Le voyage de Trump en Asie : « Un repli américain, suivi d’une fanfare »

« Historique », c’est ainsi que le président américain Donald Trump a décrit son voyage de 12 jours en Asie. Il a rendu visite à ses homologues du Japon, de la Corée du Sud, de la Chine, du Vietnam et des Philippines. En Chine, il a signé de nombreux contrats commerciaux avec le président chinois Xi Jinping. Mais selon David Ignatius du Washington Post, « le voyage de Trump tenait plus du pèlerinage que d’une projection de pouvoir ». Au lieu de détailler la politique qu’il avait intention de mener aux États-Unis, il s’est conformé aux visions du monde de ses interlocuteurs, leur a demandé de l’aide, et a vanté leurs mérites.

« Historique », c’est ainsi que le président américain Donald Trump a décrit son voyage de 12 jours en Asie. Il a rendu visite à ses homologues du Japon, de la Corée du Sud, de la Chine, du Vietnam et des Philippines. En Chine, il a signé de nombreux contrats commerciaux avec le président chinois Xi Jinping. Mais selon David Ignatius du Washington Post, « le voyage de Trump tenait plus du pèlerinage que d’une projection de pouvoir ». Au lieu de détailler la politique qu’il avait intention de mener aux États-Unis, il s’est conformé aux visions du monde de ses interlocuteurs, leur a demandé de l’aide, et a vanté leurs mérites.

Comme à son habitude, le président américain n’a pas manqué de superlatifs pour qualifier les relations avec ses homologues asiatiques, sans oublier de se gratifier lui-même. À son retour, il a ainsi déclaré que ce voyage avait été « un immense succès », émaillé de réalisations  « incroyables ». Mais beaucoup de commentateurs estiment que cette tournée est un révélateur du déclin du leadership américain dans le monde.« Le voyage de Trump pourrait en effet s’avérer historique, mais probablement pas de la manière qu’il l’entend. Il pourrait signaler une adaptation des États-Unis face à la montée en puissance de la Chine, et un désir de se réconcilier avec une Russie belliqueuse, le tout avec peu de gain de sécurité manifeste pour les États-Unis », écrit Ignatius.

Xi Jinping est celui qui dicte le nouvel ordre du jour

Le président chinois a largement dominé les débats, estime le journal portugais Publico :« Xi Jinping est celui qui a témoigné d’une confiance en soi et d’une force stratégique. Il a organisé une réception royale, et a célébré avec son homologue américain des contrats commerciaux qui permettront à Trump de sauver la face et de montrer des résultats à Washington. (…)Mais c’était bien l’hôte chinois qui dictait du jour. Et Trump a même fait une pirouette surprenante. Après avoir menacé la Chine de prendre des mesures drastiques pour ses pratiques commerciales déloyales, il a dit à Pékin : « je ne condamne pas la Chine. Qui peut condamner un pays qui essaie seulement d’obtenir le meilleur avantage possible pour son peuple ?».

Trump n’a pas changé un état de fait déjà patent avant son départ

Pour Ian Bremmer, président d’Eurasia Group, le sort en était jeté avant même que Trump monte dans Air Force One. « J’ai connu deux discours dans ma vie qui ont marqué une modification de l’ordre mondial : quand Mikael Gorbatchev a annoncé [en 1991] la dissolution de l’ex-Union soviétique, et il y a deux semaines, quand le président chinois Xi Jinping a déclaré que la Chine était prête à devenir une superpuissance », a-t-il écrit dans une lettre à ses clients.Il mentionne les investissements réalisés par la Chine au plan domestique comme à l’étranger, ses efforts en matière de technologie, de conquête spatiale, ses initiatives militaires, et le fait que les décisions politiques  chinoises ont désormais un impact mondial supérieur à celui des autres pays.

Le Corbeau et le Renard

Quant  à Marc Fiorentino, de MonFinancier.com, il y voit une allégorie d’une célèbre fable de La Fontaine :

«Le président Xi Jinping a tout compris : il sait qu’en flattant Trump, avec tous les honneurs, il lui fera oublier ses diatribes enflammées contre la concurrence déloyale de la Chine qu’il promettait de mettre à genoux pendant sa campagne. Le corbeau et le renard ».

Ignatius conclut sur une note amère :

« Trump est un homme vain qui flatte les autres pour être caressé lui-même. S’il y a un concept stratégique derrière son approche, ce pourrait être celui du réalisme associé à de la complaisance. Le voyage en Asie me laisse à penser que nous assistons à un repli américain, accompagné par une fanfare ».

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