Economie

Voici les 10 pays les plus pauvres du monde

Les 10 pays les plus pauvres au monde se situent tous sur le continent africain, au sud du Sahara. La pauvreté est souvent liée à un conflit ou une guerre.

Comme souvent, les mêmes symptômes. Les 10 pays les plus pauvres au monde ont comme point commun de vivre sous un régime autoritaire, sans institutions judiciaires solides, sans presse libre et avec un taux de corruption élevé. Tous ces facteurs, conjugués avec la faiblesse des institutions financières et le manque d’investissements, en font des pays très peu attrayants pour les investisseurs étrangers. Et pourtant, certains pays de ce classement jouissent encore de matières premières considérables.

Le pays qui a fait le plus grand bond en avant dans ce classement peu enviable est le Malawi. Un gouvernent démocratiquement élu est en train d’y changer la donne. On retrouve toutefois les mêmes pays d’année en année. Ils se situent tous en Afrique.

Autre constante: la pression climatique. Le changement climatique et les sécheresses mettent une énorme pression sur l’agriculture. Si bien que la sécurité alimentaire n’est pas assurée pour ces 10 pays. Il s’agit pourtant d’un prérequis. Il n’y a pas de croissance quand un pays ne mange pas.

Ce classement a été établi selon le PIB par habitant, c’est-à-dire en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA). 

10. Madagascar

© Getty

Madagascar est la 4e plus grande île du monde de par sa taille. Tout s’inverse là-bas: l’habitant est en moyenne 42% plus pauvre qu’il y a 50 ans selon les données de la Banque mondiale. Politiquement, le pays brille par son instabilité. Le dernier coup d’État remonte à 2009, suite à quoi la plupart des ressources d’aide au développement, venues de l’étranger, ont été supprimées. Aujourd’hui, les trois quarts de la population vivent avec moins de 1,25 dollar par jour.

La plupart des habitants (sur)vivent de l’agriculture. Ce qui en fait un pays vulnérable. Les conditions météorologiques ont par exemple une incidence énorme sur l’économie du pays. Quand on sait que Madagascar est et sera un des pays les plus touchés par le changement climatique, on peut légitimement s’inquiéter. 

Seul le tourisme pourrait, pour l’heure, relever la croissance économique du pays. Le pays possède une biodiversité unique. L’industrie a également un gros potentiel, notamment dans le secteur du bois et du métal. Malheureusement le pays a besoin d’un soutien économique pour tirer pleinement parti de ces deux secteurs.

9. Érythrée

© Getty

Impossible de récolter des données économiques de la part du gouvernement érythréen. Le pays est gouverné par un seul parti et subit actuellement des sanctions de la part du Conseil de sécurité de l’ONU. En termes de droit de l’homme, l’Érythrée présente l’un des pires résultats au monde. Exemple de cette déconfiture: des centaines de milliers de personnes ont fui le pays ces dernières années, principalement vers l’Europe. 

L’Érythrée a une population très jeune. Près de la moitié des Érythréens a moins de 15 ans. L’âge moyen tourne d’ailleurs autour des 18 ans. 80% de la population dépend d’une l’agriculture aux méthodes rudimentaires. Chaque sécheresse met en danger la sécurité alimentaire du pays. Là encore, leur salut pourrait venir du secteur minier: quatre nouvelles mines de potassium, d’or, de cuivre et de zinc doivent être prochainement ouvertes. Suffisant pour sortir de ce top 10? La détente s’opère en tout cas avec les pays voisins.

8. Guinée

© Getty

La Guinée pourrait être l’un des pays les plus prospères du monde. Car elle possède un énorme stock de minerais: un quart de la bauxite dans le monde est situé sur le territoire guinéen. Mais les habitants en profitent peu. La plupart dépendent de l’agriculture. Mais là aussi, la vétusté des techniques agricoles ne permet pas au pays de décoller. 

À cela s’ajoute l’épidémie Ebola qui a durement frappé le pays. Si cette épidémie resurgit actuellement au Congo, le gouvernement guinéen a dépensé énormément d’argent pour éradiquer le virus de son territoire. En 2016, un projet minier de 20 milliards a même dû être abandonné. 

Le pays peut toutefois tabler sur un redressement économique: le potentiel de production d’or et de bauxite est là, mais des investissements nécessaires. Autre blocage important vers la croissance: l’urbanisation. Elle est devenue incontrôlable malgré une population raisonnable de 13 millions d’habitants.

7. Mozambique

© Getty

L’année 2011 suscite de grands espoirs. D’énormes quantités de gaz sont découvertes au large des côtes du pays. Mais la dette du pays explose. Le FMI décide de retirer ses aides. La pression sur le système fiscale devient énorme: il faut d’abord rembourser avant de tirer des revenus des différents grands projets du pays. 

Un retour à la normale ne devrait pas intervenir avant 2021. Et la croissance économique récemment retrouvée ne bénéficie pas encore à la population. La plupart des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et là encore, les revenus dépendent énormément des conditions météo. Le changement climatique influe déjà sur l’économie du pays. L’emballement démographique est pourtant bien au rendez-vous.

6. Malawi

© Getty

Le Malawi est politiquement le meilleur élève de ce top 10. Un nouveau gouvernement, reconnu par la communauté internationale, a été démocratiquement élu. En conséquence, le Malawi reçoit un soutien financier du FMI et de la Banque mondiale. Cela n’empêche pas que des soupçons de corruption y prospèrent.

Le Malawi reste très vulnérable. Car son agriculture dépend beaucoup des précipitations. Là aussi, les récentes sécheresses freinent la reprise économique du pays. Une constante dans ce classement. La vie s’améliore toutefois dans les villes, ce qui n’est pas le cas des campagnes: l’inflation et l’insécurité alimentaire y stimulent la pauvreté. En 2015 et 2016, seuls 17% de la population pouvaient satisfaire ses besoins alimentaires. Le soutien de l’étranger reste indispensable.

5. Niger

© Getty

Environ 80% de la surface du Niger fait partie du Sahara. Rien n’y pousse. Mais la population ne cesse d’augmenter, ce qui intensifie la pression sur l’agriculture. De plus, le désert gagne du terrain: le pays entier peut courir à la catastrophe.

L’économie du pays dépend de deux ressources: l’or et l’uranium. Mais l’inflation, les sécheresses et les inondations (dans le sud du pays) plombent la croissance. Si de récentes découvertes de pétrole ont fait renaître un peu d’espoir, la dette du pays reste préoccupante. Les grands projets ne généreront des bénéfices que dans plusieurs années. 

Le pays est également très instable politiquement en raison de la présence de Boko Haram, groupe islamiste qui avait juré allégeance à l’État islamique. Beaucoup de gens fuient les territoires occupés. Au niveau de l’éducation, beaucoup de personnes sont analphabètes. La mortalité y est aussi très élevée, ce qui rend une reprise économique très difficile.

4. Liberia

© Getty

Au Liberia, le président nouvellement élu n’est autre que George Weah, ancienne gloire du football mondial. Il doit apporter de la sérénité à son pays. Une guerre civile a décimé la population avant de prendre fin en 2003. Le calme règne et les forces de sécurité sont maintenant sous le contrôle du gouvernement.

Mais les difficultés sont toujours bien là: le pays a été touché par Ebola et par une inflation des prix des produits de base. Pour l’heure, le Liberia survit grâce à son caoutchouc, son minerai de fer et son huile de palme. Le pays doit compter sur les aides étrangères pour se développer.

Agriculture vétuste, pression climatique forte, dépendance des marchés mondiaux: 85% des Libériens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

3. Burundi

© Getty

Beaucoup connaissent le génocide qui a vu 800.000 personnes, principalement d’origine tutsie, perdre la vie au Rwanda en l’espace de 3 mois. Mais peu savent que son voisin, le Burundi, a connu une guerre civile du même ordre une année plus tôt. Des accords de paix et la fin des violences organisées n’auront lieu qu’en 2005.

Mais 13 ans plus tard, le pays reste très instable. Le président Pierre Nkurunziza est un ancien rebelle hutu. Son élection a été vivement contestée si bien que l’Union européenne a décidé de couper les vivres. Le plus grand donateur parti, le pays a glissé vers la récession et l’insécurité alimentaire. Le prix des produits tel que la pomme de terre a fortement augmenté. 

Même la production de café, principale denrée d’exportation, a reculé. 82% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. 90% dépend intégralement de l’agriculture. Changement de prix, restrictions étrangères, pénuries alimentaires: le Burundi se classe sur la 3e marche du podium.

2. République démocratique du Congo

© Getty

Le Congo est un pays aux ressources incroyables. Mais comme toujours, c’est l’instabilité qui règne. Le président Kabila, qui ne peut pas se représenter après deux mandats successifs, a maintes fois fait reporter les élections. La reprise des conflits armés y est récurrente. Si bien que 18.000 Casques bleus sont encore sur place pour intervenir.

La baisse des prix du cuivre et d’autres minerais a aussi contribué à plomber l’économie du pays. La monnaie a perdu beaucoup de sa valeur par rapport au dollar, provoquant une inflation forte. Près de 64% d’une population de 80 millions d’habitants vit dans une extrême pauvreté. Aussi, 40% du budget de la RDC est destiné aux institutions et à ses dirigeants, la corruption est monnaie courante. Quand éclate une manifestation, la faim et l’insécurité alimentaire ramènent le calme. 

L’avenir n’est pas rose. Alors que des élections doivent se tenir depuis 2016, l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba vient de présenter sa candidature. Il a passé 10 ans derrière les barreaux, condamné par la Coup pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Il a récemment été accueilli en héros à Kinshasa. 

1. République centrafricaine

© Getty

Pour la première fois depuis l’indépendance (1960), la République centrafricaine a un président démocratiquement élu. Une étape importante pour le pays. Sauf qu’il est toujours sous le coup d’une interdiction d’exportation de diamants, sa principale ressource. 

La République centrafricaine reste le pays le plus pauvre au monde. 75% de la population vit dans une extrême pauvreté selon la Banque mondiale. Des efforts ont récemment été consentis pour calmer les conflits internes qui perdurent depuis des dizaines d’années. Un programme de 250 millions de dollars a été déployé par la Banque mondiale pour reconstruire le pays. Mais les effets ne sont pas encore perceptibles. 

Show More
Close
Close