Economie

Les villes deviennent de plus en plus une collection de ‘haves’ et de ‘have-nots’

Les grandes villes voient de plus en plus de gens les quitter. À Paris, la population a diminué de 11 900 personnes par an depuis 2011, à New York, 39 500 personnes sont parties l’an dernier et 37 700 l’avaient fait l’année précédente. Londres fait figure d’exception car sa population continue de croître, mais cela est principalement dû aux naissances et à l’immigration. Si l’on ne prend en compte que les migrations internes, la capitale britannique a perdu 100 000 personnes entre juillet 2017 et juin 2018. Selon les experts, il s’agit d’une tendance générale dans les villes européennes.

Selon l’agence de planification de la ville de Paris, le déclin se poursuivra pendant au moins six ans.

Il ne faut pas chercher loin pour en trouver la raison. Après des années de croissance démographique et de demande croissante, les prix de l’immobilier et de la location sont tout simplement trop élevés. À Manhattan, un appartement pour une famille de quatre personnes dans un quartier normal coûte désormais facilement entre 5 000 et 6 000 euros par mois.

Le facteur Airbnb

L’impact négatif d’Airbnb est un facteur supplémentaire. Les investisseurs achètent de plus en plus de propriétés et les louent ensuite à des prix plus élevés via Airbnb. Au cours des cinq dernières années, le nombre d’appartements dans le centre de Paris, où personne ne vit en permanence, a augmenté de plus de 30 000.

Les spécialistes parlent d’un phénomène normal, « comparable à un flux et un reflux de la marée ». Les grandes villes attirent de nombreuses personnes qu’elles rejettent au fil du temps en raison de la durée de vie accrue.

Cette évolution a quelques conséquences notables. À Paris, 15 écoles ont fusionné au cours des trois dernières années en raison du manque d’élèves. Depuis 2012, on recense 12 000 enfants de moins à l’école. Dans le district de Manhattan, le nombre de naissances a diminué de 15 %. Depuis 2012, il y a 12 000 enfants de moins à l’école.

En conséquence, l’aspect démographique des villes est en train de changer, le centre des villes du monde devenant plus homogène et de plus en plus peuplé de petites familles aisées qui en ont les moyens. Les personnes moins nanties se rassemblent alors dans les banlieues.

Les villes deviennent une collection de haves et de have-nots

Les villes mondiales deviennent de plus en plus une collection de haves et de have-nots . En d’autres termes, il existe un groupe de citoyens aisés qui y vivent, et une classe de domestiques mal payés. Entre les deux : très peu. La ville devient ainsi le symbole des inégalités. La question est de savoir si ces inégalités pourront se maintenir longtemps.

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