Politique

Victoire de Nicolas Maduro: l’opposition rejette les résultats et dénonce la pression du gouvernement sur les électeurs

Le Venezuela a un peu mal à la tête ce matin, comme depuis un bon moment. Crise politique, humanitaire, les Vénézuéliens étaient appelés au vote hier, et sans surprise, c’est le président Maduro qui rempile. Les résultats ont été rejeté aussitôt par l’opposition, mais aussi par les États-Unis, l’Union européenne et d’autres pays d’Amérique latine comme le Chili ou le Panama.

Ce n’est une surprise pour personne, Nicolas Maduro a gagné les élections présidentielles anticipées. Prévues en décembre initialement, c’est Caracas qui a décidé d’avancer la tenue de ces élections. En place depuis 2013, Maduro rempile donc pour un nouveau mandat. Mais dans un Venezuela déchiré par la crise politique et humanitaire, l’opposition  (si tant est qu’il y en ait une) rejette fermement les résultats. 

Les élections n’ont pas amenés beaucoup de Vénézuéliens aux urnes. Si lors du dernier scrutin, 80% de la population s’était rendue aux urnes, seulement 46,1% a fait le déplacement cette année. Parmi les 8 millions de votants, 5,9 millions se sont prononcés en faveur de Nicolas Maduro.

Henri Falcon, lui aussi ancien compagnon d’Hugo Chavez, le seul candidat de l’opposition qui faisait le poids face à Maduro (mais controversé lui aussi) n’a remporté que 21% des voix et a déclaré qu’il ne reconnaitrait pas les résultats avant même la fin du scrutin. « Nous ne reconnaissons pas le processus électoral, pour nous, il n’y a pas eu d’élection. Une nouvelle élection doit être organisée au Venezuela ».

Le candidat de 56 ans accuse en effet Nicolas Maduro d’avoir fait pression sur les électeurs. Il dénonce notamment les « tentes rouges », installées à la sortie des urnes. « 12.711 tentes rouges ont été installées à travers le pays (…) » dénonce Falcon. En-dessous de ces tentes rouges, « ils ont reçu un virement de 10 millions de bolivars (10 euros) après avoir voté. Ce qui représente 87,6% des 14.000 bureaux de vote » explique encore le candidat de l’opposition. Ce candidat même a également été le sujet des critiques, car annoncé comme créé pour courir aux côtés de Maduro pour éviter qu’il ne se présente seul. Car en effet, difficile de trouver un candidat d’opposition qui ne soit pas en prison ou en exil.  

Peur de la faim

Il y a quelques jours Nos, un média hollandais rapportait le témoignage parlant d’une maman vénézuélienne dans lequel elle expliquait que son fils de 3 ans ne pesait pas suffisamment pour son âge et qu’elle n’avait pas les moyens de le nourrir plus. Elle a également prononcé ces mots marquants:  » Nous avons toujours été pauvres, mais jamais affamés ». Car oui, la famine, la pénurie de médicaments sont des réalités au Vénézuela. Et selon l’opposition, le gouvernement Maduro a fait pression sur les électeurs en menaçant de couper leur accès aux colis alimentaires du gouvernement. Autre pression exercée par Maduro: une promesse de prix pour ceux qui voteraient avec leur « carte de patrie » avec laquelle les gens pourraient obtenir de la nourriture. Un système de chantage dénoncé par l’opposition, mais assumé par Maduro qui pendant sa campagne avait martelé « Je donne, vous donnez ». En d’autres termes, vous votez, je vous donne à manger.

Nicolas Maduro rempile donc jusqu’en 2025, à la tête d’un pays en pleine crise. Mais une partie de la communauté internationale ne reconnait sa légitimité à l’issue de ces élections. Comme les États-Unis qui dans un tweet ont déclaré que ces « élections » étaient une insulte à la démocratie. « Il est temps que Maduro parte ». L’Union européenne ne reconnait pas non plus cette victoire. En février dernier, le président français Emmanuel Macron avait déjà été très ferme par rapport à Nicolas Maduro: « La France se tient prête, aux côtés de ses partenaires européens, à adopter de nouvelles mesures si les autorités vénézuéliennes ne permettent pas la tenue d’élections démocratiques ».

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