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NASA : « La Terre est plus verte qu’il y a 20 ans grâce à l’intervention humaine

C’est un résultat inattendu, mais au cours des vingt dernières années, la terre est devenue plus verte sur toute sa surface. C’est une constatation de la NASA, conséquence des programmes ambitieux de reforestation. 

Les images satellitaires prises au cours des deux dernières décennies par l’agence spatiale et des scientifiques de l’Université de Boston montrent que sur les 20 dernières années, la verdure s’est accrue de 5 %. Cela correspond à la plantation annuelle de plus de deux millions de kilomètres carrés de plantes à feuilles vertes supplémentaires par rapport au début du millénaire.

Les deux plus grands contributeurs sont ceux que l’on soupçonnerait le moins

Ce qui est le plus contre-intuitif, c’est que ce sont la Chine et l’Inde, les deux pays les plus peuplés du monde, qui ont été particulièrement actifs dans cette reforestation. D’après Chi Chen, le chercheur en environnement à l’Université de Boston qui a dirigé ces travaux, ces deux pays ne représentent que 9 % de la végétation totale de la surface terrestre de la planète, mais ont contribué pour près d’un tiers à son reverdissement. « C’est une constatation surprenante, lorsque l’on pense à la dégradation des sols associée à la surexploitation que l’on associe volontiers aux pays à forte densité de population », ajoute-t-il.

Le rôle crucial des humains

Initialement, les chercheurs avaient mis ce changement sur le compte du réchauffement climatique. Le climat est en effet plus chaud et plus humide, et la production de gaz carbonique est également plus importante. Or, ces facteurs favorisent la pousse des plantes. Mais ils ont également constaté que les humains avaient joué un rôle.

Rama Nemani, chercheuse au Centre de recherche Ames de la NASA, souligne que la Chine a lancé des programmes de conservation et d’extension des forêts, tandis que les agriculteurs indiens ont étendu des parcelles de cultures vivrières.

L’augmentation de la surface foliaire totale enregistrée par l’Inde au cours de l’étude est égale à celle observée aux États-Unis et au Canada, où la superficie végétalisée est trois fois plus grande que celle de l’Inde (2,7%). Le pays a entrepris plusieurs projets, dont la plantation d’arbres et l’utilisation de produits de remplacement aux produits qui émettent des gaz à effet de serre.

« Si le verdissement était principalement dû au changement climatique et au réchauffement de la planète, l’augmentation de la végétation n’aurait pas été limitée aux frontières nationales. De plus, les zones situées à des latitudes plus élevées auraient dû connaître un verdissement plus rapide. Ces zones chauffent plus vite que le reste du monde. C’est ce que l’on constate, entre autres, avec le permafrost. »

Ailleurs, les dégradations se poursuivent

« Maintenant qu’il est clair qu’une influence humaine directe est un facteur crucial du verdissement, les modèles climatiques doivent également prêter attention à cela », prévient Nemani. « Cela aidera les scientifiques à mieux prédire le comportement des différents systèmes terrestres, et contribuera à aider les gouvernements à prendre de meilleures décisions quant aux actions à prendre. »

Néanmoins, les chercheurs soulignent que ce phénomène ne compense pas les impacts négatifs sur les écosystèmes environnementaux que l’on constate ailleurs. « Le gain de verdure, qui s’est surtout produit dans les régions tempérées du Nord et les latitudes élevées, ne compense pas les dégâts causés par la perte de surface foliaire dans la végétation naturelle tropicale« , écrivent les auteurs de l’étude, citant les régions appauvries de la République démocratique du Congo, du Brésil et d’Indonésie.

Pourtant, ils demeurent optimistes malgré tout : « Une fois que les gens réalisent qu’il y a un problème, ils ont tendance à le régler », observe Nemani. « Dans les années 70 et 80 en Inde et en Chine, la situation concernant la perte de végétation n’était pas bonne. Dans les années 90, les gens s’en sont rendu compte. Et aujourd’hui, les choses se sont améliorées. Les humains sont incroyablement résistants. C’est ce que nous voyons dans les données satellites. »

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