Varoufakis: ‘Tsipras m’a demandé de concevoir un système bancaire parallèle’

Yanis Varoufakis, l’ex-ministre grec des Finances, affirme que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lui avait demandé d’étudier la création d’un système de paiement parallèle qui aurait pu aboutir à la mise en place d’un système bancaire parallèle en décembre 2014, c’est-à-dire un mois avant l’accession de leur parti, Syriza, au pouvoir. Varoufakis, qui a démissionné peu de temps après le référendum grec, au début de ce mois, aurait fait cette déclaration  au cours d’une téléconférence avec des gestionnaires de hedge funds internationaux, rapporte le journal grec Kathimerini.

Le plan, un véritable « plan B » pour la Grèce, prévoyait de pirater la base de données du ministère des Finances via le site web de son secrétariat général pour obtenir les données financières concernant les entreprises et les particuliers, et de développer un système qui aurait permis de passer de l’euro à la drachme du jour au lendemain, en cas de nécessité. Ce système aurait été mis en branle dans l’hypothèse d’une fermeture des banques, et il aurait permis de maintenir les transactions entre l’Etat et les tiers.

Un compte de réserve aurait été secrètement affecté pour chaque identifiant d’entreprise ou de particulier inscrit sur le site web du secrétariat général des Finances Publiques. En cas de fermeture des banques, les détenteurs de ces identifiants auraient eu communication d’un code PIN qui leur aurait donné accès à ce compte, sur lequel l’Etat aurait pu effectuer des virements. Ce système aurait pu se substituer au système bancaire du pays. Il était même prévu de développer une application spéciale qui aurait permis les paiements au moyen de smartphones.

Varoufakis avait constitué une équipe de 5 personnes pour travailler sur ce projet, qui aurait réclamé l’intervention d’un millier de personnes pour son implémentation effective, mais il n’a jamais eu le feu vert de Tsipras pour sa mise en œuvre.

Le Secrétariat général des Finances publiques grecques est un système qui est contrôlé par la troïka et est qui est donc très difficile d’accès pour cette raison. Varoufakis avait missionné un de ses amis d’enfance pour le pirater, mais celui-ci l’avait informé qu’il avait été capable de prendre le contrôle du matériel, mais pas des logiciels, « qui appartiennent à la troïka ». « Mais laissez-moi vous dire quelles difficultés j’ai rencontrées. Le Secrétariat Général des Revenus publics de mon ministère est totalement et directement contrôlé par la troïka. Il n’était pas sous le contrôle de mon ministère, ou de moi en tant que ministre, il était contrôlé par Bruxelles. », a dit l’ex-ministre.

Lors de cette téléconférence, Varoufakis a également évoqué ​​un plan que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, aurait pour la zone euro:

Schäuble a un plan. La manière dont il me l’a décrit est très simple. Il croit que la zone euro ne pourra pas survivre dans sa forme actuelle. Il croit qu’il doit y  avoir des transferts fiscaux, un certain degré d’union politique. Il croit que pour que l’union fonctionne sans fédération et sans la légitimité d’un parlement effectivement élu, elle doit être conçue d’une manière très disciplinaire. Et il m’a dit explicitement qu’ «un Grexit » lui permettrait de renforcer sa position de négociation, d’acquérir suffisamment de « pouvoir pour terroriser» pour en imposer aux Français, alors que Paris a toujours résisté. Et qu’est ce que c’est ? Un transfert des pouvoirs d’élaboration des budgets à un certain degré de Paris vers Bruxelles ».

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