Varoufakis: « Des forces très puissantes voudront rapidement exclure la Grèce ou le Portugal de l’euro »

« Des forces très puissantes au sein de la zone euro, y compris la Bundesbank, font partie d’une campagne pour reconfigurer la zone euro. Elles croient qu’elles peuvent contrôler sa fragmentation en faisant sortir la Grèce ou le Portugal dans les 5 prochaines années, mais je crois qu’elles vont libérer des forces démoniaques qu’elles ne seront pas capables de contrôler ». Cette déclaration, c’est celle que l’ancien ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a faite lors de la conférence annuelle de l’Institute of Directors, qui se déroule à Londres.

Le nouveau deutschemark

Selon le Grec, l’union monétaire est «totalement intenable» en raison de sa structure, et des « forces centrifuges » qui pourraient la briser, entraînant potentiellement la formation d’un groupe dirigé par l’Allemagne qui utiliserait un nouveau deutschemark à titre de monnaie, et un groupe distinct comprenant des pays d’Europe du Sud laissés dans la pauvreté.Selon lui, le Brexit  est susceptible de déstabiliser « encore plus » l’UE.Varoufakis prédit que dans les 10 prochaines années, nous aurons « une ligne de faille passant sur le Rhin et les Alpes, séparant un Nord-Est germanique déflationniste, comprenant la Pologne, peut-être la Hongrie et la République tchèque, jusqu’au pays baltes, avec une nouvelle sorte de deutschemark, du reste de l’Europe plongé dans la stagflation » (la stagflation se caractérise par forte inflation, une croissance économique anémique et un chômage élevé, ndlr).« Si cela se produit, nous serons confrontés à une version post-moderne des années 1930 », a ajouté l’ex-ministre grec.

Hotel California

Varoufakis a aussi donné son avis aux Britanniques concernant leur retrait de l’UE :« Mon message au Brexiteers a toujours été celui de l’Hôtel California – vous pensez que vous pouvez sortir, mais vous ne pouvez pas en raison de la pagaïe que  vous  laissez. Voilà pourquoi j’ai toujours souhaité que la Grande-Bretagne reste, afin de garder un minimum de rationalité pour tenter d’éviter cela. »

La plus grande menace pour l’euro, c’est la crise bancaire

Un autre intervenant à la conférence était Norman Lamont, ancien ministre britannique des Finances (1990-1993). Il a affirmé que la plus grande menace pour l’euro était une crise bancaire :

« Les banques italiennes sont dans une situation très grave et les banques allemandes sont en mauvais état aussi. Les Allemands préféreraient probablement que nous discutions des banques italiennes, mais en réalité, ils se trouvent aussi dans une situation dangereuse ».

Lamont pense aussi que l’UE pourrait être divisée entre un noyau formé par de pays hautement intégrés, suivi par des « cercles concentriques » comprenant des nations moins impliquées.

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