Politique

Une « green card » européenne serait-elle la solution pour les expatriés britanniques en Europe?

Le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne a eu lieu en juin 2016. Presque 2 ans après, l’avenir de centaines de milliers de familles est toujours incertain. Chez les ressortissants européens qui vivent outre-Manche et chez les expatriés britanniques qui vivent en Europe, beaucoup sont dans le noir : que va-t-il advenir de leurs droits ?

Résoudre cette question et garantir les droits de ces personnes, c’est le but de l’organisation New Europeans qui milite pour la liberté de circulation et l’égalité des droits de tous les citoyens dans l’U.E. à 27 et au Royaume-Uni après le Brexit. Le site The Local s’est entretenu avec l’homme à la tête de New Europeans, Roger Casale, ex-député travailliste d’une circonscription du Grand Londres qui vit maintenant en Italie.

Un statut privilégié pour les ressortissants britanniques résidant dans des pays de l’UE

Son organisation fait pression sur l’U.E. pour mettre en place une carte qui garantirait un « statut privilégié » pour les ressortissants du Royaume-Uni qui résident dans l’un des pays de l’U.E., ainsi que pour les Européens qui habitent au Royaume-Uni. Cette « green card » européenne leur permettrait de conserver leur liberté de mouvement, en fait de jouir de tous leurs droits comme avant le Brexit.

Des milliers de personnes sont concernées : 3,6 millions de citoyens européens vivent au Royaume-Uni, et 1,2 million de Britanniques vivent en Europe. Pour ces 5 millions de personnes, cette carte permettrait de faire reconnaître leur statut spécial qui découle du fait qu’ils sont devenus résidents avant le Brexit.

Il existe déjà une « carte bleue » européenne

Pour la suite, il faudra attendre la réponse des institutions clés de l’U.E. La première étape pour Roger Casale sera de présenter son projet devant l’influente Commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen (l’AFCO) en début de cette année. Pour être approuvé, le projet devra aussi être examiné par le Parlement européen, la Commission européenne et le Conseil européen. Dans le meilleur des cas, la procédure prendra 12 à 18 mois.

Roger Casale est confiant : la campagne « Green Card For Europe » dépasse les partis politiques et est soutenue par les anti comme par les pro-Brexit. De plus, il existe déjà un système de carte bleue européenne, qui est un permis de travail délivré à des personnes hautement qualifiés originaires de pays non-membres de l’U.E. Ainsi, avec ce réseau déjà en place, il ne serait pas trop difficile d’introduire une carte verte.

L’ex-député affirme que le projet est largement soutenu au Parlement européen. La suite des événements dépendra aussi de si la sortie de l’U.E. se fait avec ou sans accord de retrait. En l’absence d’accord, le sort des ressortissants britanniques vivant en Europe sera du ressort des états individuels, sans accord de retrait pour les protéger. Dans ce cas, une carte verte européenne pourrait être une solution.

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