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La révolution en ligne : l’UE veut que Google et Facebook paient les médias

La toute-puissance de Google et de Facebook sur Internet serait-elle en train de changer ? L’Union européenne pourrait bien faire un très grand pas en étendant le droit d’auteur en ligne. Concrètement, cela signifie que des plateformes telles que Youtube et Facebook et des moteurs de recherche tels que Google vont devoir payer pour les oeuvres originales. Une révolution en ligne.

Ce sont surtour les flux financiers sur Internet qui sont susceptibles de changer. Aujourd’hui, deux géants, Google et Facebook, récupèrent la majeure partie du gâteau des revenus publicitaires en ligne. Et tout cela bien qu’ils ne produisent en fait que peu ou pas de contenu, et ne font essentiellement que distribuer le travail original des autres en tant que plate-forme. L’ Union européenne veut  agirà ce sujet , notamment sous la pression du puissant lobby des éditeurs, en particulier des journaux.

Ces derniers en ont assez que leur modèle industriel soit soumis à une pression énorme, notamment en ligne, pendant que les deux géants américains s’accaparent leur argent. Dorénavant, Google et Facebook devront donc s’acquitter de frais pour l’utilisation et la diffusion de ce « contenu original ». Cela signifie que les artistes, écrivains, photographes, artistes, mais aussi les journalistes ou leurs médias ont en principe tous droit à un remboursement pour la publication de leur travail. Soudain, le droit d’auteur est introduit définitivement dans l’Internet, au sein de l’Union européenne.

L’Europe dessine la frontière sur les hyperliens. Un simple lien vers un autre site sera autorisé, et « de très courts extraits » pourront être partagés.

Reste à savoir exactement comment cette règle pourra être appliquée de manière stricte. Et pour la rémunération exacte, des négociations doivent encore suivre. Certes, entre les grandes entreprises de médias et les deux géants, il y aura une série de querelles difficiles, les médias européens disposant soudain d’une marge de manœuvre beaucoup plus grande.

Mais Google et Facebook peuvent facilement riposter. Il ne serait pas étonnant que Facebook affiche simplement beaucoup moins de  » médias  » dans les timeline des utiliateurs : le trafic que les sites d’information ou d’autres sites avec du contenu original «reçoivent» actuellement de Facebook risque de chuter de manière drastique. Et Google sera aussi impitoyable. Il peut simplement arrêter son Google News, comme il l’a déjà fait en Espagne, après un conflit entre les médias espagnols et Google au sujet de l’argent.

En particulier, Google peut aussi aller encore plus loin dans la difficulté : au final, le site s’articule autour de résultats de recherche fournissant des informations. Supprimer tout le contenu n’est pas une solution. Parce qu’alors, le consommateur optera tôt ou tard pour des moteurs de recherche proposant un tel contenu.

Il s’agit d’une énième mesure de la Commission européenne contre ces géants. L’Union européenne parvient à restreindre la Silicon Valley bien plus que les États-Unis. Le fait que le secteur européen de la presse ait un impact direct sur les politiciens européens, au sujet desquels ils écrivent quotidiennement dans leurs journaux, a également joué un rôle : c’est grâce à leur lobbying acharné que cette mesure est maintenant prise.

Quoi qu’il en soit, à partir de maintenant, partager des articles sur Facebook, ou trouver rapidement  un article via Google, sera moins évident. Sur Youtube et Facebook en particulier, toutes sortes de nouveaux filtres vont apparaître, encore plus qu’aujourd’hui. Parce que les deux voudront se protéger légalement. Cela coûtera irrévocablement une part de créativité qui sera disponible en ligne. Les critiques parlent de « la fin de la liberté d’expression ».

Mais il y a bon nombre de points moins sévères dans la nouvelle réglementation. Ainsi, tout ce qui est publié sur Wikipedia restera disponible, tout comme cela le restera pour toutes les plates-formes utilisant des logiciels open source.

Quoi qu’il en soit, la bataille n’est pas tout à fait terminée. Le Parlement européen doit voter dans quelques semaines. Des géants comme Google et Facebook feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire passer le texte le plus faible possible. Attendez de voir s’ils y parviennent.

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