Dans les institutions de l’UE : « L’homme ordinaire ? Il n’a pas sa place ici »

Existe-t-il une sorte de «bulle » à Bruxelles ? Et à quoi ressemble-t-elle ? La journaliste et documentariste néerlandaise Gabriella Ader s’est installée pendant 4 mois à dans les locaux de l’UE à Bruxelles afin de s’immerger dans la communauté européenne pour le compte du magazine De Groene Amsterdammer.

Existe-t-il une sorte de «bulle » à Bruxelles ? Et à quoi ressemble-t-elle ? La journaliste et documentariste néerlandaise Gabriella Ader s’est installée pendant 4 mois à dans les locaux de l’UE à Bruxelles afin de s’immerger dans la communauté européenne pour le compte du magazine De Groene Amsterdammer.

Ader a voulu savoir si la communauté de l’UE («Bruxelles» comme on l’appelle souvent dans le reste de l’Union) vit effectivement dans une bulle sans avoir aucune notion de ce qui se passe dans la vie réelle de l’Européen moyen.Pour répondre à cette question, elle a interviewé une centaine de personnes dans les institutions, de nationalités, d’âges et de fonctions différents.

Papa a toujours raison et l’homme ordinaire

Dans un long article détaillé, elle confirme l’impression que les fonctionnaires européens vivent dans une bulle : »[…] Les institutions européennes sont pleines de gens intelligents, cosmopolites et très instruits qui ont une vision essentiellement mondialiste sur le plan économique. Mais le citoyen moyen de l’UE qui vit dans un village ou une petite ville, qui s’inquiète de  la mondialisation rapide, ne veut pas de marché intérieur et redoute de perdre son identité. Ce qui se passe au sein de l’UE ne l’intéresse guère, en réalité. Et cela, beaucoup de gens dans les institutions européennes ne le comprennent pas, d’autant qu’à la Commission, c’est la mentalité « Daddy knows best » (« Papa a toujours raison ») qui domine.« Ils croient qu’ils ont le monopole de la sagesse, une idée tenace parce qu’ils restent constamment dans leur bulle européenne, élitiste, blanche, privilégiée », explique un journaliste britannique.

Au cours d’une pause autour d’un verre un vendredi après-midi, un fonctionnaire et moi avons eu une conversation au sujet d’une connaissance commune d’une autre institution de l’UE. « Et maintenant, nous allons recruter ce genre de type : l’homme ordinaire. Ils n’ont pas leur place, ici », dit-il en plaisantant ».

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