Le PE et la Turquie : Les droits de l’homme sont importants, mais…

Les députés ont voté jeudi un « gel temporaire » des négociations d’adhésion entre la Turquie et l’Union européenne. La résolution est une réponse à la répression excessive que le régime turc du président Recep Tayyip Erdogan mène depuis le coup d’Etat manqué de cet été. Mercredi, on avait appris que 10 500 fonctionnaires soupçonnés d’avoir des liens avec le parti séparatiste kurde PKK ont été limogés en Turquie. Depuis le putsch manqué du mois de juillet, près de 125 000 agents du service public ont été suspendus ou congédiés.

«La peine de mort et les mesures répressives disproportionnées »

Dans le communiqué publié à la suite de l’approbation de la résolution par le Parlement européen, on peut lire ce qui suit :« La réintroduction de la peine de mort par le gouvernement turc entraînerait une suspension formelle du processus d’adhésion, disent les députés soulignant que « le rejet sans équivoque de la peine de mort est un élément essentiel de l’acquis de l’Union.Les députés condamnent fermement les « mesures répressives disproportionnées » prises par le gouvernement turc depuis la tentative de coup d’État manquée en juillet 2016. Elles « violent les droits fondamentaux et les libertés protégés par la Constitution turque », disent-ils. »La résolution n’a pas un caractère contraignant, et le gouvernement d’Erdogan, en la personne d’Omer Celik, le ministre des Affaires européennes, l’a taxée de « nulle et non avenue ». Elle « n’est pas à prendre au sérieux », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

Pour le Parlement Européen, les droits de l’homme en Turquie sont importants, mais…

L’UE marche sur des œufs avec la Turquie depuis des mois : Ankara est en effet signataire d’un accord dans lequel le régime s’est engagé à bloquer les migrants pour les empêcher de pénétrer les frontières de l’UE. Cet accord aurait barré la route de près de 3 millions de réfugiés, dont une grande partie sont des Syriens. Et bien entendu, les pays membres de l’UE, tous confrontés au mécontentement croissant de leurs populations face à ces arrivées massives d’immigrants, sont très soucieux de ne pas remettre en cause cet accord.Il n’est donc pas si étonnant de trouver les termes conciliants suivants dans le communiqué :Le Parlement européen rappelle que la Turquie est «un partenaire important» de l’UE, et il réaffirme « son engagement en faveur du maintien de l’ancrage de la Turquie à l’UE ».

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