‘Pocahontas’, ‘Crooked Hillary’ et ‘Lying’ Ted : Trump et la stratégie géniale derrière le dénigrement de ses opposants

‘Little’ Marco, ‘lying’ Ted, ‘crooked’ Hillary et ‘low energy’ Jeb À l’occasion d’une cérémonie en l’honneur d’anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale « native Americans », c’est-à-dire, d’Indiens Navajos, le président Trump a une fois de plus affublé l’un de ses opposants politiques d’un sobriquet. Au cours de son discours, il a surnommé la sénatrice démocrate Elizabeth Warren « Pocahontas ».[Warren a toujours prétendu être d’origine indienne, mais elle n’est jamais parvenue à le prouver].

« Vous étiez ici longtemps avant nous. Même si nous avons une représentante au Congrès qui est – disent-ils – là-bas depuis longtemps. Ils l’appellent Pocahontas ».

Cette moquerie est donc désormais figée dans le marbre du discours officiel du président des États-Unis adressé à un groupe d’anciens combattants indiens. Le  « New Normal » (la nouvelle norme) sous Trump…Bien sûr, les médias traditionnels se sont précipités sur cette remarque pour en faire leurs choux gras. Mais ce que peu de gens comprennent, c’est que ces articles négatifs ne font que renforcer l’impact de Trump sur sa base, jour après jour.Ce n’est pas la première fois que Trump dénigre un opposant politique. Songez au ‘Little’ Marco (‘Le petit Marco, pour désigner  Marco Rubio’), ‘lying’ Ted (‘Ted le menteur’ pour désigner Ted Cruz), ‘crooked’ Hillary (‘Hillary la tordue’ pour désigner Hillary Clinton) et ‘low energy’ Jeb (‘le peu dynamique Jeb’ pour désigner Jeb Bush).

A linguistic kill shot (‘un tir mortel linguistique’)

il y a sans aucun doute une stratégie derrière toutes ces caricatures. Ces surnoms sont visuellement compatibles avec la personne qu’ils stigmatisent et sont conçus pour créer un contraste stratégique. De nombreux électeurs ont douté de l’honnêteté et des motivations de Trump pendant la campagne. Ainsi, en se débarrassant de ses principaux adversaires en les présentant comme ‘lying’ Ted et ‘crooked’ Hillary, il réduit le contraste entre sa réputation et celle de ses concurrents.Trump a choisi les surnoms d’une manière très réfléchie, et pendant sa campagne, il les a utilisés devant de grandes foules pour les éprouver et déterminer celui qui marquait le mieux son public. Notez qu’aucun des surnoms utilisés n’évoque une association positive. De ce fait, il ne peut jamais être mal compris.La même chose s’applique également ici pour Warren. Les Américains ne connaissent pas très bien la sénatrice. Mais en la présentant comme « Pocahontas », Trump insinue qu’il y a un mensonge à son sujet d’une certaine manière, ce qui est destiné à renforcer sa crédibilité, aux dépens de la sienne. Selon certains, Warren ambitionne de se porter candidate pour les élections présidentielles de 2020.

Donald Duck

Les démocrates ont rapidement adopté la stratégie de Trump, mais ils ne sont pas encore parvenus à lui trouver un bon surnom. Les tentatives ont échoué avec ‘Donald Duck’, ‘Drumpf’ et ‘Dangerous Donald’.Aucun de ces noms n’évoque les mêmes associations négatives que le génial « Hillary la tordue » [Clinton a été poursuivi tout au long de la campagne électorale par le scandale des e-mails]. Le jour du scrutin, les démocrates n’avaient toujours pas trouvé un surnom approprié pour leur adversaire. De son côté, Trump avait réussi à partager ses « linguistic kill shots » pour les dénigrer les uns après les autres. Et maintenant qu’il est président, il semble que c’est un domaine dans lequel il excelle.

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