Pour la première fois depuis 1945, un président américain n’a aucun scientifique dans son équipe

Les Etats-Unis sont devenus le premier pays  qui a choisi de se retirer de l’accord sur le climat à Paris. Deux autres pays n’avaient pas signé cet accord : le Nicaragua et la Syrie. La position du Nicaragua est compréhensible : le pays a refusé de signer l’accord sur le climat, parce qu’il estime qu’il n’est pas assez ambitieux du fait qu’il se fonde sur la « responsabilité volontaire » et qu’il n’est pas assez contraignant pour les pays les plus pollueurs, qui sont aussi les plus riches. Le refus d’adhésion de la Syrie nécessite peu d’explications : le pays est en guerre civil, et son dirigeant, Bachar al-Assad, est devenu un paria international. Dans ces conditions, il semble difficile d’envoyer un diplomate participer aux négociations, et de fait, aucun de ses membres du cabinet n’a osé se présenter à Paris.

« Pour qui ces scientifiques se prennent-ils ?»

Néanmoins, la décision des États-Unis ne devrait pas vraiment être une surprise, affirme le site Foreign Policy dans un article intitulé “How the White House lost its brains” (‘Comment la Maison Blanche a perdu ses cerveaux’). Il rappelle que Donald Trump est le premier président américain depuis 1945 qui ne dispose pas de conseiller scientifique dans son équipe. Pas un seul.Le seul précédent est Richard Nixon, qui avait bien recruté une série de conseillers scientifiques, mais avait décidé de les limoger lorsque leurs recommandations (sur le programme de défense par missiles) ne lui avaient plus convenu. (« Nom de Dieu, pour qui ces bâtards de la science se prennent-ils ? » avait dit un proche collaborateur de Nixon à l’époque)

Trump ne s’intéresse pas à la science

Depuis son arrivée au pouvoir il y a 4 mois, Trump n’a nommé aucun scientifique à un poste à responsabilité de l’un de ses organes de conseil, indique Foreign Policy. De même, dans son gouvernement, aucun poste n’a été prévu pour un scientifique.La Maison Blanche pourvoit normalement à la nomination des membres du President’s Council of Advisors on Science and Technology, un groupe d’universitaires, de technologues et d’ autres experts qui prennent du temps pour conseiller le président sur des questions allant de la cybersécurité à la physique nucléaire.L’actuel gouvernement Trump n’a manifesté aucun désir de nommer de nouveaux conseillers, ni même de combler ses postes vacants à la Maison Blanche par des scientifiques et des experts de la technologie. La White House Office of Science and Technology Policy, qui devrait normalement conseiller le gouvernement n’a pour le moment aucun responsable.

Trump recherche essentiellement « une victoire »

En retirant son pays de l’accord sur le climat, Trump  satisfait au moins une promesse qu’il avait faite pendant sa campagne. Selon certains commentateurs, il faut y voir l’explication du retrait de l’accord sur le climat. Trump rechercherait en effet une « victoire » après avoir perdu des points en revenant sur sa promesse de campagne de déplacer l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem jeudi dernier.

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