Trump échange la Chine contre l’Inde

La lune de miel entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping semble avoir pris fin, et il semble que l’on assiste désormais à un changement de cap à la Maison Blanche. Ce serait une conséquence de la perte de patience de Trump à l’égard de Pékin. Le président américain semble désormais donner sa préférence à l’Inde, traditionnellement une grande rivale de la Chine.

Trump et le Premier ministre indien Narendra Modi, qui a été élu dans son pays sur un programme similaire à celui de Trump, se sont rencontrés lundi à Washington.

Trump a publié la semaine dernière un tweet remarquable, qui témoigne de son désenchantement vis-à-vis de la Chine :

La traite humaine et l’acier

Lundi, l’agence de presse Reuters a rapporté que les Etats-Unis envisageaient de faire figurer la Chine sur la liste mondiale des plus grands délinquants en matière de traite humaine. De plus, il est question depuis longtemps de sanctions contre les puissances étrangères qui déversent leur acier aux États-Unis. Bien que cette mesure ne soit pas spécifiquement dirigée contre la Chine, ses effets cibleraient encore Pékin.

La question est de savoir si les États-Unis augmenteront les taxes sur les importations, et si oui, de quel ordre sera cette augmentation. Le plus proche conseiller de Trump, Steven Bannon, et ses partisans évoquent depuis longtemps une  guerre commerciale avec la Chine, dans le cadre de leur ordre du jour « America First ».

La Chine ne parvient pas à contrôler la Corée du Nord

Trump aurait quant à lui compris que ce n’est pas la Chine qui pourra prendre les mesures nécessaires pour stopper les ambitions nucléaires du dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

Ce dernier rêve de développer une arme nucléaire avec laquelle il pourrait frapper des villes américaines. Trump a promis à la Chine de meilleures conditions commerciales en échange d’une aide sur la question de la Corée du Nord. L’échec potentiel de Xi Jinping dans ce domaine pourrait avoir des conséquences économiques graves.

Trump-Xi summit at Trump's Mar-a-Lago estate in Florida
AFP PHOTO / JIM WATSON

L’Inde

Lundi, Trump a appelé Modi « un véritable ami » et il voit en l’Inde un potentiel au moins similaire à celui de la Chine. Ce n’est en effet pas pour rien que l’Inde est le pays qui en 2015 a enregistré la plus forte croissance (7,9 %) de toutes les puissances du monde. En 2016, une légère baisse a été observée, mais cette année encore, le pays table sur une croissance cible de 7,2 %. Toute cette croissance, alors que la Chine stagne depuis un certain temps à moins de 6,5 %.

Contrairement à la Chine, l’Inde bénéficie aussi d’une démographie très dynamique. Selon certains économistes, le pays aurait même déjà une population supérieure à celle de la Chine, et cet écart ne fera que se creuser à l’avenir.

En dépit de certains problèmes, Modi est parvenu à mettre un frein au marché noir de son pays en retirant les billets à plus forte dénomination de la circulation. Il a aussi modernisé le droit de la faillite et a mis en place un nouveau régime fiscal.

«L’avenir de notre partenariat n’a jamais semblé aussi rayonnant»

Trump comprend que sa relation avec l’Inde pourrait être améliorée, d’autant plus que son pays a fait suffisamment d’efforts pour renforcer ces relations.

Le potentiel de l’Inde est illimité : non seulement l’Inde est devenue le nouveau champ de bataille de l’Internet, mais en 2040, son économie devrait également dépasser celle des États-Unis.

Cependant, il existe de nombreux domaines dans lesquels les deux pays auront plus de difficultés à s’entendre : le climat, une série de différends commerciaux et la question des informaticiens indiens qui travaillent aux États-Unis avec un visa HB1, pour n’en citer que quelques uns.

Tous ne sont que de la petite bière, si l’on en croit le président américain qui s’est exprimé tout en superlatifs, comme à son habitude :

« L’avenir de notre partenariat n’a jamais semblé aussi rayonnant » a déclaré Trump à la presse tandis qu’il se tenait aux côtés de Modi à la Maison Blanche.

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