Trump, l’homme qui transforme l’or en plomb ?

Dans sa chronique mensuelle dans De Tijd ( «De omgekeerde Midas », c’est à dire, ‘L’inverse de Midas’) l’économiste d’Econopolis Geert Noels analyse cette semaine la politique de Donald Trump.

Dans sa chronique mensuelle dans De Tijd ( «De omgekeerde Midas », c’est à dire, ‘L’inverse de Midas’) l’économiste d’Econopolis Geert Noels analyse cette semaine la politique de Donald Trump.

Ce dernier a remporté en novembre une victoire totalement inattendue sur la candidate démocrate Hillary Clinton, en concentrant sa campagne sur ceux qu’il appelle les « forgotten people » (les ‘oubliés ‘), les Américains blancs de la Rust Belt qui, selon le magnat de l’immobilier new-yorkais, ont été les grands perdants de la mondialisation.« Pourtant, la stratégie politique Trump ne va pas améliorer la situation de la classe moyenne », écrit Noels : « Seule une réforme globale du système fiscal en faveur de la classe moyenne, mais surtout des classes inférieures, pourrait changer quelque chose.

Le magnat de l’immobilier est allergique aux mesures redistributives, il ne comprend absolument pas qu’elles favorisent la stabilité et la prospérité à long terme ».

Bernie Sanders

Une vision qui est partagée par l’homme politique américain Bernie Sanders, comme on peut le lire dans le Financial Times :

« Je pense que Trump est en réalité assez intelligent  – à sa manière à lui et pour ses propres raisons. […] Je pense que Trump est en train d’exécuter l’ordre du jour de gens comme les frères Koch : (une famille d’industriels américains et d’investisseurs ; les frères sont considérés comme deux des principaux financiers de l’ultradroite américaine, ndlr). Cela signifie en gros abandonner tous les grands programmes (de redistribution) votés depuis Franklin D. Roosevelt qui pourraient aider les travailleurs, les personnes âgées, les enfants, les malades et les pauvres, tout en accordant des réductions d’impôts massives aux riches et aux grandes entreprises. Dans ce budget, Trump n’a proposé aucune coupe budgétaire sur la sécurité sociale [le programme de retraite américaine], mais je n’ai aucun doute que cela se profilera bientôt à l’horizon ».

Rendre sa grandeur  à la Chine

De même, Noels n’est pas impressionné par le regard de Trump sur l’économie mondiale. Surtout son point de vue sur la Chine, son aversion pour la technologie et la Silicon Valley ( « Les entreprises technologiques ont été un aimant pour les meilleurs talents du monde, et donc des centaines d’entreprises mondiales sont établies aux États-Unis. […] La forte hausse récente, qui est principalement due à la technologie, a mené à une nouvelle attractivité pour tous les actifs américains, y compris le dollar, comme un refuge pour les capitaux en quête de stabilité et de rendement. ») et son scepticisme à l’égard du changement climatique, sont autant de sujets qui font le jeu de la Chine, affirme l’économiste et entrepreneur d’Anvers :

« Trump est l’inverse de Midas : tout l’or économique qu’il touche se transforme en plomb. Plus il veut grandir l’Amérique, plus il la rapetisse ».

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