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Les trottinettes électriques mal garées sont un « Big Business »

Les trottinettes électriques offrent une alternative intéressante pour se déplacer dans les villes. Agiles et passe-partout, il est également facile de les stationner à n’importe quel endroit. Sans surprise, elles remportent un vif succès. Mais la contrepartie de cet engouement, c’est que les quartiers des grandes villes américaines sont de plus en plus encombrés de trottinettes laissées à l’abandon par leurs utilisateurs. Certains y ont vu une nouvelle opportunité pour gagner de l’argent. 

Aux Etats-Unis, on a eu davantage recours aux trottinettes électriques partagées qu’aux vélos partagés en 2018, a révélé un rapport de l’Association nationale américaine des responsables du transport urbain.

Les nuisances liées à un parc de 40 000 trottinettes électriques

L’année dernière, les firmes de l’économie du partage Bird, Lime, Razor, Lyft et Jump (une filiale d’Uber), spécialisées dans la location de trottinettes électriques, ont commencé à proposer leurs services dans la ville californienne de San Diego. Compte tenu de leurs parcs cumulés, la ville compterait désormais pas moins de 40 000 trottinettes à louer.

Et les dégâts, les blessés et même les morts causés par les accidents impliquant ces engins ne sont pas les seules nuisances qu’ils causent. Car après les avoir utilisés, les citadins les abandonnent parfois dans des endroits inappropriés, comme des rampes d’accès pour personnes handicapées, des vitrines de magasins, des passages pour piétons, par exemple.

Le succès des trottinettes électriques a été si rapide que de nombreux gouvernements n’ont pas compris l’urgence d’adopter une législation spécifique pour encadrer leur utilisation. La ville de San Diego a pris des mesures dans ce sens au mois de juillet, mais il est encore trop tôt pour déterminer si elles seront suffisantes.

Une opportunité de « business »

John Heinkel et son associé Dan Borelli y ont donc vu une opportunité, et ont donc créé la startup ScootScoop. A l’origine, les deux hommes sont des agents de repossession (« repo men », en anglais) c’est à dire des personnes chargées d’effectuer des saisies de biens faisant l’objet de crédits impayés. Leur société propose de débarrasser les commerces et établissements locaux encombrés de scooters abandonnés. Tous deux travaillent seuls, et se fient sur le bouche à oreille pour se faire connaître. Leur premier client était le propriétaire de Borelli, et depuis, près de 250 commerces auraient déjà fait appel à leurs services. Ils ont aussi lancé une application pour permettre à leurs clients de leur signaler des engins abandonnés à venir chercher.

Le duo aurait déjà récupéré plus de 12 500 trottinettes électriques. Après leur collecte, il les entrepose dans dépôt surveillé, avant de contacter les firmes détentrices en leur réclamant le paiement d’un forfait de 50 dollars par engin, plus 2 dollars par jour de détention. Une sorte de fourrière, en somme.

Une « demande de rançon »

Dans un premier temps, les sociétés de locations de trottinettes acceptaient de payer ces frais à ScootScoop. Bird aurait lui aurait ainsi versé 40 000 $ l’année dernière pour pouvoir récupérer 1800 patinettes. Mais plus récemment, ces firmes, qui ne sont pas rentables et réalisent des millions de dollars de pertes chaque année, ont commencé à se rebeller contre ce qu’elles considèrent souvent comme une « demande de rançon ».

En mars de cette année, Bird et Lime ont déposé une plainte contre ScootScoop, affirmant que cette dernière s’était illégalement approprié les trottinettes. En retour, ScootScoop a elle aussi porté plainte contre Lime après que son entrepôt a été la cible d’une tentative de cambriolage. Elle accuse en effet Lime d’en être la commanditaire.

ScootScoop envisage une future expansion, peut-être en proposant ses services dans d’autres villes ou en faisant appel à des investisseurs. Elle affirme avoir déjà été contactés par les conseils municipaux d’autres villes excédées par les nuisances liées aux trottinettes abandonnées.

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