Le triomphe d’Erdoğan ne présage rien de bon pour l’Europe

Au lendemain d’un “coup d’Etat militaire” visant à le destituer, le président Recep Tayyip Erdo?an a commencé une purge dans les domaines de la défense et de la justice de son pays.

Samedi matin, 2 750 juges avaient été arrêtés. Reste à savoir comment une telle liste a pu être élaborées dans les heures chaotiques qui ont fait suite à la tentative de putsch. À moins qu’elle n’ait été préparée à l’avance, et qu’il ne manquait plus qu’une excuse pour débuter les arrestations…

Même si la démocratie est écornée une fois de plus en Turquie, il y a de grandes chances que l’Europe refuse de voir la réalité en face, déplore le journal tchèque HospodáÅ™ské noviny :

« Avec Recep Tayyip ErdoÄŸan , nous avons un autre dictateur Europe, aux côtés de Loukachenko et Poutine, même s’il est de notre côté, au moins sur le plan militaire. Nous l’inviterons à nos sommets et nous comporterons comme des hypocrites : nous lui serrerons la main, tout en souhaitant secrètement que les Turcs se débarrassent de lui. Si possible de manière démocratique, mais au pire des cas, alors oui, admettons-le, par d’autres moyens. Qu’ils trouvent un meilleur dirigeant, qui ne les mène pas un régime totalitaire, mais qui les guide vers la liberté, le pluralisme et la prospérité. Voilà ce que nous souhaitons à tous dans le monde, mais plus particulièrement aux Turcs en cet instant”.

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AFP

Le coup d’ Etat manqué montre qu’il n’est pas possible de compter sur ErdoÄŸan pour garantir la stabilité, estime le journal roumain Romania Libera :

“Sans la Turquie, il est impossible de contrôler la Syrie et l’Irak ou de mener des opérations contre le groupe terroriste État islamique. Sans la Turquie, l’Europe du Sud-Est et la mer Noire ne peuvent être défendues contre l’expansionnisme russe. Sans la Turquie, l’équilibre stratégique du pouvoir dans le monde est en danger. […]

Les dirigeants occidentaux ont adressé des communiqués de presse peu convaincants pour confirmer qu’ils soutiennent la démocratie turque et l’ordre institutionnel en Turquie (qui sont tous deux inexistants), parce qu’ils ne peuvent se permettre de montrer leur soutien à un coup d’État militaire manqué, et parce qu’un ErdoÄŸan stable semble être une option plus sûre que l’instabilité. Cependant, nous savons maintenant qu’ErdoÄŸan n’est en aucun stable, mais qu’il est un de déséquilibre national et régional. L’Occident ne peut se permettre un autre dictateur fou au centre du monde”.

Cependant, le journal suédois Dagens Nyheter se pose la question de l’avenir de l’accord concernant les réfugiés conclu avec la Turquie :

“[la ministre suédoise des Affaires étrangères} Margot Wallström s’est montrée prudemment favorable à la coopération en matière de politique des réfugiés. Mais cela pourrait aussi signifier qu’il n’y a pas d’alternative à ce plan. La Turquie s’est déjà disqualifiée elle-même  pour cette coopération. Car ErdoÄŸan est davantage un maître-chanteur qu’un partenaire. La seule raison pour laquelle l’UE tolère le président caractériel de la Turquie, c’est qu’il n’y a pas d’ autre solution (…) Les événements de ce weekend pourraient obliger l’UE à chercher une meilleure solution, et ce ne serait pas trop tôt”.

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