Tout ce que fait votre médecin, un robot peut mieux le faire… ou presque

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Les robots menacent déjà un grand nombre d’emplois humains. Selon une étude récente menée par deux chercheurs de l’Université d’Oxford, 47% des emplois d’aujourd’hui pourraient être automatisés au cours des deux prochaines décennies. On pense tout de suite aux robotisations des usines, mais des emplois plus prestigieux et mieux rémunérés pourraient aussi s’en trouver affectés. Dans Quartz, Gina Siddiqui, une étudiante en médecine, explique qu’elle se sent directement menacée par l’irruption des robots dans le secteur médical.

Les premiers robots chirurgicaux, DaVinci, nécessitaient encore le guidage de mains humaines. Puis ils ont commencé à stocker les informations relatives au patient, pour devenir des sortes de superviseurs des médecins, capables de corriger une mauvaise prescription, ou de réclamer les informations manquantes pour compléter un bilan de santé, par exemple.

Mais leurs compétences pour établir des diagnostics s’améliorent de plus en plus, et maintenant, ils sont parfois en position de se substituer aux médecins. En janvier 2013, un groupe de chercheurs de l’université d’Indiana a réalisé 41,9% de diagnostics plus précis au moyen d’un algorithme que des médecins hautement qualifiés. Des robots appelés « agents relationnels » veillent déjà à ce que les patients prennent bien leurs médicaments, ou leur font la conversation quotidiennement pour les motiver à perdre du poids, par exemple. Et l’augmentation de leur présence auprès du patient se fait au détriment des médecins humains. « Ma génération de médecins ne sait plus comment examiner physiquement les patients. Ce n’est pas surprenant, étant donné qu’en tant qu’internes des hôpitaux, nous passons moins de  8 minutes au chevet du patient, et toute la journée devant l’ordinateur», déplore Siddiqui.

En moyenne, les médecins, ne laissent parler le patient que 23 secondes pour effectuer leur diagnostic avant de l’interrompre. Le robot promet d’être plus poli, plus à l’écoute, et Siddiqui prohétise que la profession pourrait connaitre la même division du travail que celle qui s’est opérée avec l’arrivée des ordinateurs dans le jeu d’échecs.

« Deep Blue » a battu Garry Kasparov en 1997, mais les gens n’ont pas cessé de jouer pour autant aux échecs. Cependant, ils sont passés au « jeu d’échec avancé », qui fait intervenir une équipe mixte composée d’humains et de robots. Dans cette configuration, les meilleures équipes ne sont pas celles qui intègrent les meilleurs joueurs humains, mais celles où les joueurs humains exploitent le mieux les calculs des robots. Il en sera de même avec les médecins, prédit Siddiqui : les meilleurs ne seront plus ceux qui auront la meilleure mémoire, mais ceux qui parviendront à créer la meilleure synergie avec leur binôme machine. « Ils se concentreront sur la relation avec leur patient en tant que personne, et quand il s’agira de définir un traitement, ils auront l’humilité d’avoir recours à des outils techniques, plutôt que d’essayer de tout faire eux-mêmes », imagine-t-elle.

« En tant que patient, je ne voudrais pas qu’un robot remplace mon médecin. Mais quelle est la différence de toute façon, si les médecins se comportent comme des robots ? Alors que la technologie permet de plus en plus de répondre à des questions médicales, je voudrais que mon médecin se concentre sur celles qui ne sont pas totalement mécaniques: prendre le temps de parler des décisions de fin de vie, me réconforter lors des traitements anticancéreux, et poser sur moi des mains guérisseuses. De faire en sorte que je me sente écoutée », conclut Siddiqui.

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