Politique

Haute tension au gouvernement à propos de la prépension

Y aura-t-il toujours un accord social, y compris une pension de retraite anticipée plus flexible ? Le syndicat socialiste ABVV est soumis à une pression maximale pour approuver l’accord. S’il ne le fait pas, le gouvernement n’approuvera que l’augmentation de 1,1% des salaires. Mais si l’ABVV commence à céder, Open Vld doit soudain avaler cette mauvaise prépension. 

C’est passionnant, le règlement de l’accord social. Le Groupe des Dix, à savoir les syndicats et les organisations patronales, a négocié un accord ensemble. Si, par la suite, ils l’avaient tous approuvé, le gouvernement n’aurait eu d’autre choix que de l’accepter. Et il y avait plutôt de bonnes choses pour les syndicats : une augmentation de salaire de 1,1 %, une augmentation de l’enveloppe d’aide sociale. L’ACV et L’ACLVB ont donc voté en faveur de l’accord.

La prépension reste l’éléphant dans la pièce

Mais l’ABVV a rejeté l’accord, avec 55 % de ses représentants. En conséquence, l’accord n’est pas contraignant et il n’y a pas non plus de paix sociale. C’est ce que veulent les employeurs : pas de grève ni d’autres actions. Ils sont également d’accord avec des mesures très difficiles pour les politiciens : l’assouplissement de l’âge de la prépension.

La situation a encore changé ; elle demeure à 58 ans, alors que le gouvernement avait, entre-temps, haussé cet âge à plusieurs reprises en interne. Si Open Vld est d’accord, c’est la énième dilution des accords, une technique dont se plaignent les libéraux flamands et la N-VA au sein du gouvernement depuis des années. Il semble qu’un accord ne devrait pas être conclu une seule fois, mais dix-sept fois.

La coalition suédoise souhaitait définitivement relever cette limite d’âge, mais les syndicats et les employeurs souhaitaient la maintenir plus basse : c’est donc l’État qui paye si des employés plus âgés sont mis à la retraite plus tôt.

L’ABVV en fera-t-elle à nouveau un problème politique ?

Miranda Ulens (FGTB)

Open Vld s’y oppose radicalement, tout comme la N-VA, mais ils ne sont plus au gouvernement. La question qui se pose maintenant est de savoir si les libéraux flamands devront encore accepter cette prépension. Quoi qu’il en soit, c’est peut-être une raison pour que l’ABVV change encore d’avis.

Parce que le gouvernement va mettre en œuvre l’augmentation de salaire de 1,1 %, mais le reste de l’accord, il ne le fera pas unilatéralement. Les partenaires sociaux, à l’exception de l’ABVV, l’avaient demandé. Mais le gouvernement renvoie la balle : il veut que tous les syndicats l’approuvent, et que l’accord social soit mis en œuvre dans son intégralité.

La pression est donc maximale sur l’ABVV, pour qu’elle accepte. Mais c’est difficile : du côté francophone, l’aile francophone FGTB est en campagne électorale. Beaucoup de représentants de la FGTB ont obtenu une place de choix sur les listes PS. Vont-ils maintenant approuver un accord plutôt «suédois» d’un gouvernement MR ? Ce serait mettre de l’eau au moulin du PTB, le parti communiste qui menace sérieusement le PS à gauche.

D’un autre côté, s’ils disent «oui», ils mettent le gouvernement en difficulté. Le Premier ministre Charles Michel (MR) veut absolument un accord. Kris Peeters (CD & V), le ministre du Travail, continue de faire pression en ce sens. Mais Open Vld devra ensuite expliquer au cours des quelques semaines précédant les élections qu’il y aura toujours un assouplissement de la prépension. Au Parlement, ils peuvent s’y opposer,  la contester, mais il sera difficile de la bloquer. Nous devons donc attendre de voir ce que le syndicat socialiste décidera de faire.

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