Economie

L’avènement des « superjobs » : pourquoi l’automatisation ne vous apportera… que plus de travail

Beaucoup d’études ont été publiées concernant l’avenir du travail, dans un contexte d’automatisation croissante. Un grand nombre d’entre elles se sont penchées sur le nombre d’emplois appelés à disparaître en conséquence. Mais dans un rapport, Deloitte a examiné un autre aspect : la firme s’est demandé quelle serait la nature des emplois créés par l’IA et la robotique, et s’ils étaient susceptibles de compenser ceux qui auront été perdus en raison de l’automatisation.

Certains experts s’attendent à la création de tout nouveaux métiers, tels que des « prévisionnistes de cyber-catastrophes ». Mais selon Deloitte, une tendance émergente semble indiquer que l’on concentrera plusieurs emplois en un seul. En clair : on demandera aux salarié d’effectuer des tâches qui étaient auparavant effectuées par deux ou trois personnes ayant des compétences très différentes.

Les superjobs

Dans son rapport « 2019 Global Human Capital Trends« , Deloitte qualifie ces emplois concentrés de « superjobs ». Sa co-auteure, Erica Volini, qui dirige le département de capital humain chez Deloitte USA, précise que ces emplois futurs combineront « des activités et des responsabilités professionnelles qui, traditionnellement, n’étaient jamais réunies ».

Et elle ajoute que cette tendance est déjà observable, et cite 3 cas d’espèces :

  • Dans une grande banque dont elle a tu le nom, les conseillers en investissement commencent aussi à intervenir en tant que coachs de carrière. Cette évolution de leur emploi est liée à la constatation selon laquelle les compétences de chacun sont un actif, aussi important pour leur richesse future que leurs investissements financiers.
  • Dans un hôpital de la ville de Cleveland, on a fusionné en quelque sorte les postes de médecins et d’infimiers. Désormais, on attend de ses médecins non seulement qu’ils apportent leur expertise médicale, mais aussi qu’ils prodiguent des soins au chevet des malades.
  • Dans les usines, Volini entrevoit un la création potentiel d’un nouveau métier, consistant à mettre l’automatisation en place, et à collaborer avec des développeurs de logiciels pour former les robots qui exécuteront les tâches en question.

Une réduction de la main d’œuvre au travail

L’un des corollaires de cette évolution, c’est qu’elle aura pour effet de réduire le nombre de créations d’emplois. On peut s’attendre à ce que les entreprises, trop heureuses de faire fondre leurs frais de personnel, l’embrassent joyeusement pour réduire drastiquement leurs effectifs.

Mais ces super-jobs ne seront pas les seuls emplois occupés par des humains. On verra aussi apparaître un grand nombre d’emplois de services, d’emplois requiérant peu de compétences, et de « micro-tâches ».

Ces dernières se rapportent à des emplois requiérant certes des compétences techniques moyennes, mais pourtant peu rémunérés et pour la plupart, peu gratifiants.

On peut citer par exemple les postes de « concierges numériques », qui seront chargés de faire le tri dans les données numériques pour éliminer celles qui sont dépourvues de la moindre valeur. Pour les illustrer, on peut par exemple songer aux postes de modérateurs de contenus chez Facebook, YouTube ou Google, par exemple. Même si l’intelligence artificielle est appelée à progresser, il faudra toujours des humains pour effectuer ces travaux de tri.

Mme Volini prédit que dans 10 ans, 20 à 30 % des emplois seront des « super-jobs », 10 à 20 % des emplois à bas salaires et peu qualifiés, et 60 à 70 % des emplois « hybrides » qui exigeront des compétences techniques et humaines intermédiaires.

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