Politique

Suite à l’annonce de réforme de la Constitution, la Chine censure la lettre « N » sur internet

Depuis l’annonce du Parti communiste chinois de lever la limite constitutionnelle de deux mandats pour le président de la République populaire, la censure se fait de plus en plus forte dans le pays. Pour preuve, de nombreux mots et expressions ont été bannis de la version chinoise de Twitter. Et dans cette « liste noire », on trouve la lettre « N ».

Pour se connecter aux réseaux sociaux, YouTube, Facebook, Instagram et Twitter, les Chinois sont déjà obligés de passer par des logiciels qui contournent la censure, tels que des VPN. Mais depuis quelque temps, les autorités chinoises ont également ces outils sous leur radar et menacent même de les bannir de leur territoire, en n’autorisant que les logiciels homologués par le gouvernement. Apple en a fait les frais cet été, puisque le géant américain a été contraint de retirer de nombreuses applications VPN de l’App Store chinois.

La censure va loin. De nombreux mots et expressions ont été bannis il y a peu de la version chinoise de Twitter, Weibo, rapporte le média China Digital Times. C’est le cas de « dix mille ans » (qui est une façon de dire « longue vie à l’empereur » en chinois), « à vie », « immortalité », « roi autoproclamé », « mandat », « culte de la personnalité », « pas d’accord », « honteux », « émigré », ou encore « Xi Zedong » (contraction du prénom de l’actuel président, Xi Jinping, et du nom de l’ancien empereur qui a fondé la République populaire de Chine, Mao Zedong).

Des mesures radicales pour faire taire l’opposition

Le régime a visiblement sorti les grands moyens pour empêcher une vague d’opposition de naître et se développer sur le web. Ces mesures coïncidant avec l’annonce du Parti communiste chinois de réformer la Constitution pour permettre à Xi Jinping, en fonction depuis 2013, de se maintenir ad vitam aeternam au pouvoir.

Mais, chose étonnante, les censeurs ont banni également la lettre « N ». Selon Victor Mair, spécialiste de la Chine à l’Université de Pennsylvanie, c’est certainement « par crainte de la part du gouvernement que ‘N’ = ‘n mandats’, où n serait > 2 », suppose-t-il sur son blog. En d’autres termes, ce pourrait être par peur que la lettre « N » soit employée pour s’attaquer au nombre de mandats sans fin du président chinois.

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