Politique

« Stop and search », la réponse appropriée à l’épidémie britannique de violence ?

La police doit être plus présente dans les rues d’Angleterre. C’est le seul moyen de mettre fin à la vague croissante de crimes de rue auxquels le pays est actuellement confronté, explique Richard Cooke, président de la West Midlands Police Federation, dans une chronique du journal britannique The Telegraph.

Cooke se réfère à la politique de la police à Birmingham. Les agents de Birmingham ont été autorisés à arrêter et à rechercher des personnes en rue « sans motifs raisonnables ». Selon Cooke, une telle politique porte clairement ses fruits. Selon certains observateurs, vingt mille agents supplémentaires sont nécessaires dans les rues d’Angleterre.

Pouvoirs

« La crise de la criminalité au couteau continue de s’aggraver », explique Richard Cooke. « On ne peut plus prétendre qu’il s’agit d’un problème de Londres. »

Les dernières victimes de ces attaques sont des jeunes d’Essex et Cheshire. Récemment, à Birmingham, trois adolescents ont été poignardés à mort à quelques jours d’intervalle.

« Notre réponse ne peut pas être timide. C’est pourquoi, à Birmingham, nous avons donné à la police plus de pouvoirs pour lui permettre d’augmenter le nombre de personnes arrêtées et recherchées en rue « sans motifs raisonnables ». Et l’impact est tangible. L’opération porte ses fruits partout dans la ville. Le public aborde les policiers pour faire l’éloge de cette pause bienvenue dans cette atmosphère de violence. Les arrestations ont augmenté et des armes dangereuses ont été retirées des rues. Pendant trop longtemps, les policiers ont été absents des rues. Cela a encouragé les personnes qui portent un couteau à agir en toute impunité. »

Les pouvoirs conférés à la police ont déjà été utilisés régulièrement et plus largement au niveau local à Birmingham pour lutter contre la menace de violence.

Jeunes

« Leur utilisation nous a rappelé à quel point cette tactique peut être efficace. Mais trop longtemps, on a hésité à les invoquer, sauf dans les circonstances les plus graves. »

Selon Cooke, cette approche plus douce a coïncidé avec l’arrivée de Theresa May, au début de la décennie, au poste de ministre britannique de l’Intérieur.

« Nous, les policiers, reconnaissons que les interpellations ne sont qu’une partie de la solution. La crise a des racines complexes. Dans les zones de Birmingham où des gangs de trafiquants de drogue opèrent, leurs membres portent des armes pour se protéger ainsi que pour distribuer les « punitions ». Les jeunes décents et respectueux de la loi peuvent trop facilement être entraînés dans une atmosphère de peur envahissante et avoir le sentiment qu’ils ont eux aussi besoin de se protéger. Nous ne devrions jamais faire de compromis sur l’interdiction des armes et la punition des coupables, ces enfants méritent notre aide. »

Violence incontrôlable

Selon Cooke, certains parlent de « santé publique » et approchent les enfants à l’école. « C’est très bien et je l’applaudis. Toutefois, cela n’empêchera pas les enfants de mourir. »

Selon lui, à Birmingham, l’application de la loi fonctionne.

« C’est la seule solution pour enrayer les décès. Mais la vérité, c’est qu’avec le nombre actuel de policiers, ce n’est pas viable. La violence augmentera pendant les mois d’été. Il nous faut plus de policiers maintenant. »

« Les politiciens nient souvent le lien qui existe entre la baisse massive du nombre de policiers et la situation nationale d’urgence de la criminalité au couteau. Il est incompréhensible que le gouvernement ignore ce qui pour nous va de soi. La violence est devenue incontrôlable. Cela se doit en grande partie au fait qu’il n’y a pas assez d’agents dans la rue. « 

Stratégie nationale

« Les économies imposées ont conduit à la centralisation et à devenir essentiellement réactif. Les bureaux locaux sont fermés. Nos agents sont généralement beaucoup plus éloignés du public qu’ils servent. Le comportement de la police dépend principalement des appels d’urgence. Cela laisse la rue libre aux personnes aux intentions malveillantes ».

Selon Cooke, cette présence limitée de la police dans les rues est accompagnée d’une politique de condamnations légères des tribunaux et d’une grande tolérance à l’égard des récidivistes. « Cela crée un terreau idéal pour la criminalité ».

« Le gouvernement devrait s’inspirer des récents succès de Birmingham. Une stratégie nationale doit donc être mise en place pour renforcer la présence et les pouvoirs de la police dans les rues. Si cela ne fonctionne pas, les jeunes continueront de mourir en Angleterre. »

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