C’est « l’activiste politique le plus dangereux » des USA qui mène la campagne de Trump

Le candidat présidentiel républicain Donald Trump a dû remanier pour une seconde fois en quelques mois son staff de campagne. Paul Manafort, qui avait été embauché en avril en vue d’améliorer l’image de Trump, et de le rendre “présidentiable”, mais n’avait jamais réussi, reste impliqué dans la campagne sur le papier, mais il est remplacé par Steve Bannon, CEO du site d’actualités Breitbart, qui prend la direction générale de la campagne. Kellyanne Conway, une fidèle de longue date spécialiste des sondages, et stratège du Parti républicain (GOP), assumera le rôle de responsable de campagne.

Manafort – qui, ces derniers jours, avait de plus en plus été mis sous pression en raison de ses liens présumés avec les factions pro-russes en Ukraine – avait été engagé pour aider l’ancien directeur de campagne de Trump, Corey Lewandowski, mais ce dernier a été limogé en juin.

Paul Manafort

© screenshot CNN

Ces deux nominations marquent un nouveau durcissement de la campagne Trump. Le New Yorker a indiqué cette semaine qu’il “ne pivoterait en aucun cas”, comprenez, qu’il ne glisserait pas vers le centre pour attirer les électeurs républicains plus modérés.

A la nomination de Bannon et Conway, Trump a dit qu’il entendait se positionner dans les trois derniers mois de la campagne “comme bon lui semblerait”.

 Spencer Platt/Getty Images/AFP <h4 class=

C’est surtout la nomination de Bannon – réputé pour être un “Clinton Hater” (‘quelqu’un qui déteste Clinton’) – qui fait froncer les sourcils au Parti républicain. L’année dernière, Bloomberg l’a appelé “l’activiste politique le plus dangereux du pays”.

Ben Shapiro, un ancien employé de Breitbart News, décrit Bannon de la façon suivante :

“C’est une personnalité méchante, vindicative » tristement célèbre pour agresser verbalement ses amis supposés et menacer ses ennemis. (…) Il tentera de détruire toute personne qui entravera ses ambitions infinies, et il utilisera toute personne plus grande que lui – Donald Trump , par exemple – pour parvenir à ses objectifs. Bannon sait que dans le “Game of Throne” (‘jeu pour le trône’), on gagne ou on meurt. Et il n’a certainement pas l’intention de mourir. Il tuera tout le monde avant”.

Shapiro a quitté Breitbart en mars quand la publication a décidé de soutenir la campagne de Trump, plutôt que sa propre journaliste Michelle Fields, qui avait été malmenée par Corey Lewandowski, l’ancien chef de la campagne Trump. Depuis, il qualifie Breitbart de “Pravda de Trump”, en faisant référence à l’emblématique journal d’Etat de l’époque soviétique.

« Un bras d’honneur à l’establishment du GOP »

Dans le Washington Post, Rick Wilson, consultant pour la candidature du Parti républicain qui soutient le candidat républicain indépendant Evan McMullin, affirme que ceux qui espéraient que Trump allait adopter une rhétorique plus centriste seront probablement déçus :

“Bannon va vous faire pivoter vers une direction sombre, raciste et conflictuelle. Ce sera une campagne nationaliste et haineuse. Les républicains devraient s’enfuir en courant”.

Dans le même journal Aaron Blake appelle la nomination de Bannon “un bras d’honneur adressé à l’establishment du GOP”. Même CNN pense que rien n’est “off-limits” (‘exclu’) d’ici le 8 novembre avec la nomination d’un “combattant de rue”.

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