Politique

« Nous exigeons la décanonisation du pape Jean-Paul II »

Au sein de l’Église catholique, la « femme » doit répondre à une double vocation : celle de « vierge » ou de « mère ». Elle est assignée à un corps sexué : en ‘non-usage’ pendant sa virginité ; en ‘usage’ pendant la maternité. Les autres dimensions qu’elle a en tant qu’être humain n’ont aucune importance.

C’est ce qu’écrivent Christine Pedotti, directrice du magazine ‘Témoignage chrétien’ et Anne Soupa, théologienne et journaliste, dans un article d’opinion du journal français Le Monde (€).

« Nous dénonçons le mensonge et l’hypocrisie de cette idéologie qui pèse sur nous. C’est elle que révèlent les abus sur les corps des femmes religieuses. Elles ont fait vœu de chasteté, et leur parole est violentée en même temps que leur corps. Lorsque ces viols conduisent à une grossesse, elles sont avortées de force ou leur enfant est cyniquement abandonné (…). La violence faite à leur corps est alors à son comble, puisque même la maternité, leur « autre » vocation, leur est interdite ».

« L’Église catholique : le cloaque ne se vide pas »

Elles réagissent ainsi aux révélations du Pape François le mois dernier. Ce dernier a confirmé les abus des religieuses au sein de l’Église catholique. « Je sais que les prêtres et aussi les évêques l’ont fait. Je pense que cela arrive toujours », a répondu le Pape lorsqu’on lui a demandé ce que le Vatican faisait pour lutter contre les abus sexuels commis sur des soeurs.

L’affaire a été révélée dans un article paru dans le numéro de février de Women Church World. Il s’agit d’un supplément mensuel du journal du Vatican, L’Osservatore Romano. En fait, la situation est si grave que tout un ordre monastique a été dissous en France en 2005. C’est le Pape Benoît XVI, prédécesseur de François, qui l’a fait.

Ce n’est que l’un des nombreux scandales auxquels l’Église catholique est mêlée. Outre la maltraitance des enfants, de nombreux prêtres qui vivent en secret avec des femmes ont eu des enfants avec elles. L’homosexualité est également répandue au sommet du Vatican.

« Non seulement les responsables de l’Eglise catholique imposent à toutes les femmes leur idéologie de la « Femme », mais – aidés par quelques femmes acquises au système – ils violent eux-mêmes les règles qu’ils imposent à toutes. », écrivent les deux auteures.

« Le complot du silence »

« Notre accusation ne porte pas sur les seuls criminels et violeurs. Elle vise la conspiration du silence qui a entouré ces monstrueux agissements », poursuivent les deux femmes.

C’est pourquoi « Nous demandons la décanonisation du pape Jean Paul II, protecteur des abuseurs au nom de la « raison d’Eglise » et principal artisan de la construction idéologique de la « Femme »« .

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