Souriez, vous êtes filmés… : les entreprises qui filment leurs employés ont augmenté de 85% en un an

Selon des chiffres de la Commission de la vie privée, rapportés par le Syndicat neutre pour indépendants (SNI), en 2014, 1.194 déclarations d’entreprises pour le placement de caméras sur le lieu de travail ont été réalisées. Il s’agit d’un record absolu pour l’installation de caméras de surveillance dans notre pays. Par rapport à l’année dernière, cela représente une augmentation de 85%.

Selon Christine Mattheeuws, présidente du SNI, l’intérêt accru pour les caméras est dû au problème des vols en interne.

Ces deux dernières années, plus de la moitié des entreprises ont été confrontées à des vols perpétrés par des membres du personnel.

« Le reste provient de vols commis par des personnes externes tels que les fournisseurs, et de fautes administratives. Le vol par le personnel est souvent un problème sous-estimé », fait remarquer Christine Mattheeuws. « Le dommage est facilement  de 10 à 14 fois plus élevé qu’un vol à l’étalage commis par un client surtout parce que les vols commis par les membres du personnel peuvent s’étaler sur une plus longue période ».

« Le butin moyen d’un vol à l’étalage commis par un client s’élève à environ 100 euros, tandis que le butin d’un vol commis par le personnel peut facilement s’élever à 1.300 euros », précise la présidente. .

Licenciement

Christine Mattheeuws ajoute que les caméras peuvent aussi aider à justifier un licenciement. Ce facteur est important puisque maintenant, tous les licenciements doivent être motivés. Il y a également la loi anti-harcèlement qui a été adaptée, au bénéfice du travailleur, qui joue un rôle. Si les images démontrent clairement qu’un travailleur s’est mal comporté ou a harcelé un autre collègue, de longues discussions et autres stupides petits jeux seront inutiles.

Xavier Bastiaensen, responsable des relations externes auprès de la Commission de la vie privée, explique cependant que lors de l’emploi de caméras, il faut tenir compte de la protection de la sphère privée et que les limites dépendent de l’intention liée à l’introduction de cette technologie.

Selon l’expert, si les images prises ont pour but de prévenir un vol, on peut accepter de contrôler les lieux de travail par des caméras toute la journée. Par contre, cela devient par contre déjà beaucoup plus problématique si ces images sont utilisées pour surveiller la qualité de la production. Dans chaque cas, le personnel doit être informé au préalable de la présence des caméras et de l’usage qui sera fait des images, conclut Xavier Bastiaensen.

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