Le socialisme de la Silicon Valley : « L’inégalité de masse est une conséquence logique de la nouvelle économie »

Les oligarques de la Bay Area [la région de la Baie de San Francisco, ndlr] ont un problème », écrit Joel Kotkin dans le Orange County Register, dans un article d’opinion intitulé «California’s Descent to Socialism» :

Les oligarques de la Bay Area [la région de la Baie de San Francisco, ndlr] ont un problème », écrit Joel Kotkin dans le Orange County Register, dans un article d’opinion intitulé «California’s Descent to Socialism» :

« Ils doivent concilier leur vision progressiste du monde avec leur immense richesse. Ils ne sont certainement pas socialistes dans le sens traditionnel. Ils considèrent leur richesse non pas comme la conséquence d’un avantage de classe, mais plutôt comme le reflet de leur supériorité méritocratique. Ou, comme l’ancien journaliste de Tech Crunch Gregory Ferenstein l’a observé, « Ils acceptent l’inégalité de masse comme un fait et comme une conséquence logique de la nouvelle économie ». (…)

Le nouveau socialisme vert de la Silicon Valley

Leur jeu est d’élargir l’État-providence pour tranquilliser les masses. Beaucoup, y compris Mark Zuckerberg, soutiennent maintenant l’idée d’un revenu universel, qui pourrait empêcher la progression massive du nombre de sans-abri et de la malnutrition.Contrairement à son prédécesseur qui a échoué, ce nouveau socialisme plus vert ne cherche pas à affaiblir la structure de classe émergente, mais plutôt à la préserver. […]

Elles ont peut-être accès à des smartphones et la réalité virtuelle, mais les masses de plus en plus dépourvues de propriété semblent  condamnées à vivre dans les conditions d’espace restreint auxquelles leurs parents et leurs grands-parents avaient réussi à échapper il y a plusieurs décennies de cela ».

Pourquoi est-ce important?

De plus en plus de gens critiquent les entreprises technologiques. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump est une conséquence indirecte de la concentration de fortunes toujours plus importantes entre des mains de moins en nombreuses, en particulier à la Silicon Valley.Même les nouvelles recrues peuvent miser sur un salaire équivalent à 120 000 $ pour les postes en bas de la hiérarchie, un montant qui est supérieur à ce que peuvent gagner leurs semblables dans les banques de Wall Street. A San Francisco, un appartement moyen se loue maintenant 4 500 $ par mois en moyenne. Les personnes qui ne sont pas employées par l’un de ces géants des technologies ne pourront plus rien trouver dans cette ville.Et il ne faut pas compter sur le haut lieu de la technologie californienne pour éprouver de la sympathie pour les ouvriers de Detroit qui n’ont plus de travail depuis 10 ans. Zuckerberg & co ne semblent pas comprendre que de plus en plus de gens en ont marre de la bulle technologique, qui a fait de ces entreprises des expertes de l’évasion fiscale, qui s’exonèrent  allègrement des réglementations et exploitent les renseignements personnels d’autres personnes sur le chemin sans précédent les données personnelles des autres pour s’enrichir d’une manière inouïe. Steve Bannon, l’ultranationaliste que l’on peut considérer comme le chef du cabinet Trump, avait écrit ceci en novembre :

« Voilà ce que les démocrates (Silicon Valley comprise) n’ont pas compris. Ils se sont adressés aux gens qui dirigent des entreprises avec une capitalisation de marché de 9 milliards de dollars, et qui emploient 9 personnes. Ce n’est pas la réalité. Ils ont perdu le contact avec le monde réel ».

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