La Silicon Valley et Wall Street contre Trump

Les grandes entreprises de la Silicon Valley ont manifesté leur désaccord concernant le décret anti-immigration du président américain Donald Trump, qui a interdit l’accès aux Etats-Unis pendant 90 jours aux ressortissants de sept pays musulmans. Facebook, Microsoft, Google, Apple, Amazon … ne sont que quelques exemples d’entreprises qui ont exprimé leur désaccord à propos de cet « executive order ».Le CEO d’Apple Tim Cook a déclaré que «son entreprise aurait jamais existé sans l’immigration (le fondateur d’Apple, feu Steve Jobs, était d’origine syrienne). Le CEO de Netflix, Reed Hastings, a déclaré que la mesure de Trump était « non-américaine ».

La fin de la «paix armée»

Il semble que la « paix armée » proclamée après l’élection ait pris fin. Google, Apple, Facebook et d’autres avaient choisi de ne pas critiquer le nouveau gouvernement, espérant que Trump ne mettrait pas ses promesses de campagne à exécution.La Silicon Valley – traditionnellement un bastion démocrate – avait exprimé ses doutes lors d’une réunion organisée en décembre dans la Trump Tower, et qui rassemblait le gratin du secteur de la technologie et le nouveau président.Le patron d’Uber, Travis Kalanick et le fondateur de Tesla, Elon Musk , avaient éveillé une certaine antipathie, lorsque l’on avait appris qu’ils avaient accepté une invitation à siéger au « Forum consultatif stratégique » de Donald Trump.Depuis dix jours, on trouve aussi des poches de manifestations au siège de sociétés soupçonnées de « collaborer » avec le Président. Parmi elles Palantir, la société d’analyse de données du milliardaire fondateur de Paypal , Peter Thiel, ouvertement pro-Trump. Mais on trouve aussi Uber, qui s’est taillé une mauvaise réputation après avoir exploité samedi une grève de solidarité des compagnies de taxi locales à New York à l’égard des voyageurs provenant des pays musulmans visés par l’interdiction pour récupérer des clients.

Le visa H1B

Une grande proportion de travailleurs de la Silicon Valley sont des immigrants, principalement de l’Inde et la Chine. La plupart d’ entre eux restent aux États-Unis en vertu d’un visa H1B, qui donne l’autorisation à près de 85 000 immigrés hautement qualifiés  de travailler aux États-Unis chaque année. Mais selon le gouvernement Trump, ce visa est surtout utilisé pour « attirer la main-d’œuvre bon marché ». Un « executive order » visant à réformer ce visa serait à la signature.

Wall Street

Même Wall Street est en émoi. Goldman Sachs, dont six des anciens employés ont pourtant rejoint l’administration Trump à des postes-clés, a critiqué le décret anti-immigration lundi. Le CEO de la banque, Lloyd Blankfein, s’est adressé à ses employés dans un message audio dans lequel il a dit qu’il s’agissait d’une mesure que la banque ne pouvait pas soutenir et qui pouvait affecter son fonctionnement.Un fait d’autant plus remarquable, que Steve Bannon, l’ex-patron du média d’extrême droite Breitbart et le cerveau derrière toutes les mesures anti-immigration, est également un ancien employé de Goldman Sachs.Auparavant,  Jamie Dimon, CEO de JPMorgan Chase, la plus grande banque américaine, avait déclaré qu’il allait chercher des solutions pour les employés de son établissement touchés par la mesure.Trump ne semble pas perturbé par toute cette indignation. Il répète à l’envi qu’il est le président des ouvriers américains. Et nul doute que pour lui, la Silicon Valley incarne l’élite.

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