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Roulements de tambour : Amazon accorde des augmentations de salaire

Le géant américain du e-commerce, Amazon, tente de redorer son blason en ce qui concerne les conditions de travail de ses employés. Cette semaine, tous les employés de ces centres de distribution ont été convoqués à des réunions au cours desquelles les responsables des ressources humaines leur ont annoncé triomphalement qu’ils allaient bénéficier d’augmentations de salaires.

Mais ces augmentations de salaire n’ont apparemment pas excédé 2 à 4 % du salaire d’origine, soit 0,55 $ de l’heure (0,47 €), maximum. Le salaire horaire final est compris entre 11,50 dollars (9,80 €) et 15,05 $ (12,82 €), ce qui a déçu beaucoup d’employés, qui l’estiment encore insuffisant.

Une simple opération de communication ?

Un salarié à mi-temps observe que l’augmentation de 0,40 € qu’il a obtenue est la première dont il bénéficie depuis son recrutement par la société il y a 4 ans. Mais il déplore l’insuffisance de cet effort, qu’il assimile à une opération de communication, plutôt qu’à une réelle volonté d’améliorer le sort des travailleurs. « Une augmentation de 3 % en 4 ans… cela semble n’être qu’un moyen de limiter les dégâts ».

Des milliers d’employés d’Amazon ne parviennent pas à joindre les deux bouts

Le sénateur démocrate Bernie Sanders a introduit une proposition de décret ce mois-ci pour obliger les grandes firmes américaines telles qu’Amazon à payer un salaire décent à leurs employés. Il prévoit de leur faire supporter les coûts des programmes d’aide sociale auxquels leur personnel fait appel (coupons alimentaires, logement social, soins de santé…). Car de nombreux employés ne parviennent pas à joindre les deux bouts avec le salaire qu’ils perçoivent sont donc obligés de solliciter des aides publiques.

New Food Economy, un médium à but non lucratif, a eu communication de statistiques montrant que des milliers d’employés d’Amazon bénéficient des programmes d’aides alimentaires publics. En avril, elle a publié un rapport indiquant qu’un employé d’Amazon sur trois en Arizona et près d’un employé sur dix en Pennsylvanie et en Ohio recevait des coupons alimentaires.

Compte tenu qu’Amazon s’est positionné comme le second plus gros employeur américain, avec plus de 563 000 travailleurs dans le monde (Le premier employeur américain, Walmart, emploie 2,3 millions de personnes), de telles fréquences doivent avoir un impact significatif sur les finances publiques américaines.

Des inégalités de revenus plus criantes que jamais entre le patron d’Amazon et ses employés

De même, ce nouvel épisode souligne cruellement les inégalités de revenus colossales entre les employés du géant du e-commerce américain et leur patron.

Chez Amazon, l’employé médian (50 % des employés ont gagné plus, 50 % ont gagné moins) a gagné un salaire de 28.446 $ en 2017 (environ 24 346 €). C’est 56 fois moins que le salaire du fondateur-CEO de la société Jeff Bezos, qui a perçu un peu plus de 1,6 million $ (1,36 million €),  selon les informations qui ont été transmises à la Commission US Securities and Exchange.

Bezos est devenu l’homme le plus riche du monde. Il doit cette position aux 80 millions d’actions Amazon qu’il détient, selon les calculs de CNN Money. Selon le Bloomberg Billionaires Index, Bezos détenait une fortune de 99 milliards de dollars au 1er janvier. Quatre mois plus tard, le 1er mai dernier, ce montant était déjà passé à 132 milliards de dollars.

Il ne faut que 9 secondes à Bezos pour gagner le salaire annuel de son employé médian

Si l’on divise la différence entre les deux montants (33 milliards de dollars) par 120 jours, on trouve que le patron d’Amazon a gagné 275 millions de dollars par jour. Cela signifie 11,5 millions de dollars par heure, soit 191 000 $ par minute, ou 3 182 $ par seconde.

Bezos n’a donc besoin que de 8,93 secondes pour gagner le salaire annuel de son employé médian.

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