Rome doit-elle regretter le temps où la mafia contrôlait l’entretien de la ville?

La ville de Rome est au bord de l’effondrement et la situation dans les transports publics et les infrastructures de la ville est catastrophique, affirme Barbie Nadeau du Daily Beast.

Les problèmes les plus apparents touchent la collecte des ordures, ou les lacunes dans l’entretien des rues et des parcs de la ville. Ainsi, les rues sont remplies de nids de poule, de l’herbe pousse entre les pavés des rues, dans les parcs, les pelouses ne sont jamais tondues, et les rats pullulent comme des lapins.

Toutes ces nuisances sont le résultat des changements de prestataires voulus par le maire de Rome, Ignazio Marino. A son arrivée à la mairie, il a annulé les contrats qui avaient été conclus avec la mafia et en a signé de nouveaux avec des entreprises romaines « normales ». Or, les entreprises écrans de la mafia géraient ces contrats avec zèle, et donnaient toute satisfaction concernant les prestations sur lesquelles elles s’étaient engagées, comprenant que c’était une condition nécessaire pour pouvoir siphonner l’argent de la ville. Mais les nouveaux contractants ne se montrent malheureusement pas aussi appliqués à la tâche, et c’est le chaos, affirme la journaliste.

Elle cite pour exemple les bus (non climatisés) de la compagnie romaine ATAC, dont elle explique que les chauffeurs conduisent délibérément lentement pour protester contre une mesure de la compagnie qui exige d’eux qu’ils respectent leurs horaires de travail. Ces mêmes chauffeurs peuvent interrompre leur service dès qu’ils ont terminé leur journée de travail, ce qui signifie qu’il arrive que le chauffeur quitte le bus qu’il était en train de conduire sans attendre d’atteindre le terminus de la ligne, abandonnant ses passagers en cours de route, en toute indifférence.

Ce type de comportement conduit à de l’agressivité. Récemment, la police a dû intervenir après qu’un groupe de passagers furieux avait pris d’assaut la cabine de conduite d’un métro, parce que le conducteur avait décidé d’en interrompre la circulation, prétextant un malaise.

Le maire de Rome a menacé d’ordonner l’éviction de la direction de la compagnie ATAC et de confier la gestion du réseau de transport public à une entreprise privée. Le Premier ministre italien Matteo Renzi lui aurait intimé l’ordre « gouvernez ou rentrez chez vous », s’il ne parvenait pas à contrôler la ville.

Il ne s’agit pas là que de nuisances pour les Romains et les touristes de la ville ; ces négligences ont aussi mené à des accidents dramatiques. Au début du mois de juillet, un garçonnet est mort après être tombé dans la cage de l’arbre entraînement d’un escalier roulant qu’un employé avait oublié de condamner. Et cette semaine, c’est la porte d’un métro rapide qui a été laissée ouverte en cours de circulation, terrorisant les passagers. Une femme a failli tomber à l’extérieur.

Toutes ces négligences tombent on ne peut plus mal, alors que le Vatican a déclaré une année de Jubilé à partir de décembre, et que l’on s’attend à ce que 33 millions de pèlerins envahissent la ville éternelle, exerçant une pression supplémentaire sur ses infrastructures défaillantes.

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