McKinsey : « Les gouvernements devront intervenir massivement d’ici 2030 pour éviter les troubles sociaux »

Une nouvelle étude de McKinsey Global Institute conclut que 800 millions de personnes dans le monde sont menacées de perdre leur emploi d’ici 2030. Cela représente 1/5 de la main-d’œuvre actuelle. Selon cette même étude, les gouvernements devront intervenir de façon importante pour aider les citoyens victimes de ces évolutions. Il en va de la cohésion des sociétés, affirme-t-elle.

Une nouvelle étude de McKinsey Global Institute conclut que 800 millions de personnes dans le monde sont menacées de perdre leur emploi d’ici 2030. Cela représente 1/5 de la main-d’œuvre actuelle. Selon cette même étude, les gouvernements devront intervenir de façon importante pour aider les citoyens victimes de ces évolutions. Il en va de la cohésion des sociétés, affirme-t-elle.

L’étude de McKinsey Global Institute englobe 46 nations et plus de 800 métiers. Elle conclut que près de 30 % des heures travaillées dans le monde pourraient être automatisées d’ici 2030.

14 % des travailleurs menacés de chômage

Selon le rapport, tous les pays du monde, riches ou émergents, sont concernés par cette évolution. En effet, près de la moitié des employés qui perdront leur emploi, c’est-à-dire 375 millions de personnes, devront totalement changer de profession, compte tenu de la disparition ou raréfaction de leur profession. Cela représente 14 % de la main-d’œuvre. Les Chinois seront particulièrement affectés, et 100 millions d’entre eux, c’est-à-dire 12 % de la main-d’œuvre, devront changer de métier d’ici 2030.

Des travailleurs menacés au milieu de leur carrière

Et contrairement à ce que l’on a observé lors de la révolution industrielle du début du XXe siècle, ce ne sont pas les jeunes ruraux qui seront les plus touchés, mais les travailleurs en milieu de carrière –autour de la quarantaine – qui devront se reconvertir. Les opérateurs de machines, les travailleurs  de fast-food et les employés administratifs seront les plus rapidement touchés par la robotisation. Ils pourront opter pour les professions liées au soin pour les personnes âgées, à la technologie, ou au jardinage, qui seront parmi les plus recherchées.

Les gouvernements devront mettre en place un véritable « plan Marshall »

En conséquence, les gouvernements devront mettre au point des programmes de formation, pour permettre ces reconversions. « C’est une tâche de la taille d’un plan Marshall », a déclaré Michael Chui, qui a mené cette étude.

De plus, la stagnation des salaires pourrait perdurer. En conséquence, les salaires pourraient ne pas permettre à la classe moyenne de maintenir son niveau de vie. Si les gouvernements veulent donc maintenir un niveau de consommation apte à favoriser la croissance économique et la stabilité sociale, ils devront envisager des mesures telles qu’un revenu minimum, ou des systèmes pour complémenter le revenu.

Baidu self-driving cars
© Baidu

En conséquence, il incombera aux Etats de prendre des mesures pour que la généralisation de l’automatisation se passe sans heurts. Par exemple, ils pourront investir dans l’infrastructure, et veiller à ce que les travailleurs soient payés à un salaire décent.

Enfin, il n’est pas question de ralentir le déploiement de la robotisation et de l’intelligence artificielle. En effet, cela pourrait remettre en cause le dynamisme et la croissance économique. Les gouvernements sont même invités à prendre des mesures pour l’accélérer.

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