Elle est de retour… La crise grecque

Les deux tiers des mesures que la Grèce aurait dû prendre pour obtenir une nouvelle tranche de prêt du plan d’urgence n’ont pas été adoptés. C’est ce que le gouvernement grec a admis la semaine dernière dans un mémorandum présenté alors que le pays est actuellement en pourparlers avec ses créanciers.

Comme au cours de l’été 2015, les marchés financiers se sont alarmés de ces nouveaux développements. Mardi, les taux d’intérêt sur les obligations souveraines grecques à rembourser en juillet ont grimpé jusqu’à 11 %, exactement le double des 5,5 % que l’on constatait la semaine précédente.

Le FMI veut enfin se débarrasser de la crise grecque

Le 20 février, la situation sera réévaluée, mais de nouvelles difficultés menacent d’émerger. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le dernier plan de sauvetage est voué à l’échec. Il a donc annoncé qu’il n’y contribuerait plus, à moins d’une restructuration de la dette grecque, comprenez, que les créanciers renoncent à se voir remboursés d’une partie de ces dettes. Or, pour un certain nombre de pays européens, et en particulier l’Allemagne, la participation du FMI au plan de sauvetage est essentielle. Les mêmes pays ne veulent cependant pas entendre parler d’une restructuration de la dette, qui se ferait forcément à leurs dépends, ce qui serait mal vécu par leurs contribuables, et donc coûteux sur le plan politique.Mais la semaine dernière, un document émanant du FMI a fait l’objet d’une fuite. Il révèle que, selon les calculs de l’Institution, la dette grecque en 2060 devrait dépasser 275 % du PIB, un niveau que le FMI qualifie dans ce document de « hautement intenable ».

L’économie grecque demeure dans la tourmente

Les marchés sont d’autant plus nerveux, que la Grèce doit rembourser une tranche de prêt de 2 milliards d’euros en juillet. Et malgré les plans de sauvetage successifs et les financements conséquents dont le pays a bénéficié, l’économie grecque demeure dans la tourmente. Le taux de chômage atteint encore 23 % et une dette publique se monte à 180 % du PIB.

Pire, la situation n’est plus comparable avec celle de l’été 2015. Car, depuis, les Britanniques ont voté pour le Brexit, et les Américains ont désigné Donald Trump comme nouveau président. Dans le courant de cette année, des élections auront lieu dans trois pays européens, qui sont autant de nouvelles menaces pour l’UE.Toutes ces circonstances semblent pointer vers une catastrophe. A moins qu’elles n’inspirent un réel désir aux Européens de sortir la Grèce de l’impasse, pour de bon cette fois-ci…

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