Economie

Après la mondialisation, voici la régionalisation, bénéfique pour l’Asie mais pas pour nous

Les grandes entreprises retirent lentement mais sûrement leurs chaînes d’approvisionnement de la Chine afin de la déplacer dans d’autres pays de la région. Parfois dans leur pays, en Europe ou aux États-Unis. Pour le moment, le Vietnam et le Mexique semblent être les grands gagnants. La fin de la mondialisation entraînera inévitablement une régionalisation, avec vraisemblablement trois régions importantes: l’Amérique du Nord et du Sud, l’Europe et l’Asie. Cela sera particulièrement bénéfique pour l’Asie et préjudiciable pour l’Europe et les États-Unis.

Dans une économie régionalisée, les investissements sont réalisés dans une région donnée en tenant compte du potentiel de croissance de cette région. Plutôt que de se concentrer sur les exportations vers d’autres régions. Cette situation maintient une croissance faible dans les régions où la croissance est déjà faible. En outre, elle augmente la croissance dans les régions qui présentent déjà un potentiel de croissance élevé. L’écart entre ces différentes régions s’en trouvera encore creusé davantage. L’Asie en particulier, avec son énorme classe moyenne émergente, en tirera profit, alors que ce sera préjudiciable à l’Europe et aux États-Unis.

Un rapport récent de la Brookings Institution montre que 90 % de la nouvelle classe moyenne vit en Asie. La classe moyenne africaine, en revanche, ne se développe que très lentement. Cela est dû au fait que dans un certain nombre de grands pays africains, tels que le Nigeria ou la République démocratique du Congo, la population augmente plus rapidement que la capacité de l’économie nationale.

La régionalisation met l’accent sur le potentiel de croissance au sein des régions

Au cours des dernières décennies, les coûts de production en Chine n’ont fait qu’augmenter. Ajoutez à cela les mesures protectionnistes prises par les États-Unis et la Chine, et la conclusion est évidente. Les chaînes d’approvisionnement mondiales seront lentement mais sûrement remplacées par des alternatives régionales, la proximité des utilisateurs finaux des biens à produire devenant cruciale lors du choix d’un site.

Le graphique ci-dessous montre comment les coûts de production dans la zone euro ont baissé après la crise de 2008, alors qu’ils ont augmenté en Chine et ont retrouvé leurs niveaux de 1998 dans les économies émergentes (hors Chine).

3 grands blocs de puissance

Il s’agir donc d’une régionalisation de l’économie mondiale, du commerce et de la production. Ceux-ci vont maintenant se développer principalement au niveau régional. Le graphique ci-dessous montre comment cela conduit à 3 grands blocs de puissance en croissance constante, à savoir l’Amérique du Nord et du Sud (Canada, États-Unis, Mexique et Amérique latine), l’Europe et l’Asie.

Les échanges entre ces blocs de puissance devraient encore se contracter. Les graphiques ci-dessous montrent comment la crise de 2008-2009 avait déjà entraîné un ralentissement de la croissance.

Lorsque les entreprises commencent à se régionaliser, elles le font en se concentrant sur l’utilisateur final. Les régions où le potentiel de croissance est faible seront alors évitées, alors que les régions où le potentiel de croissance est important seront privilégiées. En d’autres termes, la capacité de production est concentrée dans les régions où il est facile de vendre les biens et services qu’elles produisent.

Auparavant, la production avait lieu en Europe, et se concentrait sur les exportations en Asie. La régionalisation permet désormais aux entreprises de produire en Europe en se concentrant sur les ventes en Europe.

Le potentiel de croissance régional réside principalement en Asie

Les graphiques ci-dessous montrent clairement que le potentiel de croissance réside principalement en Asie. Sur le graphique de gauche, la ligne en pointillé violet indique la croissance en Asie. Cette croissance est ensuite comparée avec la croissance en Amérique du Nord et du Sud (ligne violette) et en Europe (ligne grise). Le graphique de droite montre le ratio d’investissement national en % du PIB. Là aussi, les économies asiatiques se démarquent des autres. La croissance et les investissements réalisés en Asie sont nettement supérieurs à ceux de l’Europe et « The Américas ».

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