Référendum ou pas, il n’y aura pas de Brexit

« Le débat sur le « Brexit » est devenu un sport mondial avec tellement de spectateurs que l’on pourrait penser que beaucoup de choses sont en train de se jouer. Mais à la différence des questions vraiment importantes, telles que l’immigration, la crise de l’euro et de l’Ukraine, ce débat n’a pas vraiment de sens : en aucun cas, la Grande-Bretagne ne quittera l’Europe, quelque soit le résultat du référendum le 23 juin”, écrit Andrew  Moravcsik,  un professeur de sciences politiques à l’Université de Princeton, dans un article d’opinion paru dans le Financial Times. Le titre résume son opinion ainsi:  “The great Brexit kabuki — a masterclass in political theatre” (Le grand kabuki [un ancien théatre japonais à base de masques, de maquillage et d’illusions, ndlr] du Brexit – un atelier de maître du théâtre politique”). Les révélations des documents de Panama sur les actifs financiers du Premier ministre britannique David Cameron dans les paradis fiscaux, à deux mois du référendum sur une éventuelle sortie de l’UE, ont largement entamé sa crédibilité, et donc favorisé l’hypothèse d’un brexit. Mais pour cet auteur, cela importe peu, en réalité: « Les politiciens ne font pas appel aux référendums sur l’UE parce qu’ils sont vraiment mécontents de l’Europe. Ils le font pour s’extirper de situations délicates dans leur propre pays. […] Pourtant il est peu probable que la Grende-Bretagne sorte de l’Europe, même si ses citoyens votaient pour cela. Plutôt que cela, le gouvernement britannique fera ce que d’autres États membres – le Danemark, la France, l’Irlande et les Pays-Bas – ont toujours fait après de tels votes. Il va négocier un nouvel accord, quasiment identique au précédent, déguisé dans un langage opaque, et le ratifier. Le public, pour la plupart ignorant de l’Europe, est toujours d’accord”.

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