Economie

Le nouveau Premier ministre grec veut des réductions d’impôt massives

En Grèce, le Premier ministre fraîchement élu, Kyriakos Mitsotakis, souhaite introduire une nouvelle politique économique qui risque de se heurter au désaccord de ses partenaires européens. Il souhaite en effet introduire une réduction importante des impôts. Or, l’Europe souhaite que la Grèce continue à privilégier les excédents budgétaires.

Kyriakos Mitsotakis espère toutefois convaincre l’Europe que les réformes qu’il veut mettre en oeuvre favoriseront la relance de son pays et qu’elles lui permettront de préparer un avenir meilleur.

Un électrochoc pour l’économie grecque

Mitsotakis, dirigeant du parti conservateur Nea Dimokratia, succède donc au radical de gauche Alexis Tsipras. Et contrairement à son prédecesseur, il semble mieux connaître le monde des entreprises, ce qui aurait dû rassurer les partenaires européens. Mais ceux-ci se montrent pourtant assez circonspects face aux promesses de réforme et de relance de la croissance, qui contreviennent aux directives européennes.

Déjà au cours de sa campagne électorale, Mitsotakis n’avait guère caché son désir de mettre fin à l’imposition excessive de la classe moyenne. Il a également évoqué des réductions d’impôt importantes et rapides. Il a également annoncé son intention de réduire l’impôt sur les sociétés, et de le faire passer de 28 % à 20 % en deux ans.

De même, il a également promis une baisse de moitié de la taxation des dividendes, et de réduire l’impôt foncier de 30 %. La TVA et l’impôt sur le revenu pourraient également être abaissés. Le nouveau Premier ministre entend donner un véritable électrochoc à l’économie pour doper la croissance économique et l’investissement. Il ambitionne pas moins de doubler le rythme actuel d’expansion de l’économie grecque, pour le faire passer à 4 %.

L’inflexibilité de rigueur à Bruxelles

Mitsotakis a émis le souhait de se rendre à Bruxelles pour convaincre les ministres des Finances européens du bien-fondé de ces mesures.

Mais de telles réductions d’impôts menacent de condamner une partie significative des recettes fiscales de l’Etat grec. Cette conséquence pourrait empêcher la Grèce de respecter son engagement de présenter un excédent budgétaire de 3,5 % au cours des trois prochaines années.

Il n’est donc pas douteux que Mitsotakis se heurtera à la même inflexibilité de la part des créanciers européens, que celle à laquelle ses prédecesseurs ont dû se frotter lorsqu’ils avaient eux aussi exposé leurs projets pour sortir leur pays de la politique d’austérité drastique imposée par Bruxelles. Avant lui, les ministres des Finances européens  et la Commission européenne avaient déjà vivement désapprouvé les mesures de hausse du salaire minimum et d’autres mesures sociales voulues par Alexis Tsipras pour assouplir la politique de rigueur.

Les analystes de la société Capital Economics affirment que Mitsotakis bénéficiera sans aucun doute du soutien général des investisseurs pour sa politique. Mais ils estiment également qu’il est peu probable qu’il puisse réellement les concrétiser entièrement. Compte tenu de son appartenance à l’UE, la Grèce ne peut en effet pas échapper à la surveillance renforcée de cette dernière. Après la crise financière d’il y a dix ans, le pays a sollicité des emprunts massifs à l’Union européenne, et cette surveillance était l’une des conditions essentielles de leur octroi.

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