Poutine, et non pas Trump, est ‘L’homme de l’année 2016’

Après une année morose, on assiste à une hausse surprise de la parité du rouble russe, en dépit de la forte performance du dollar américain, depuis l’élection de Trump.

L’appréciation du « billet vert », elle aussi consécutive à cette élection, a porté un coup à toutes les monnaies émergentes, mais le rouble a échappé à ce sort, et depuis le 8 novembre, il s’est apprécié de 5 %, et il a même gagné 35 % depuis son plus bas niveau du mois de janvier.

Deux raisons

Deux raisons expliquent ce succès : d’ abord, il y a la flambée des cours du pétrole, qui générait près de la moitié des recettes fédérales en 2015 : depuis le début de cette année, le cours de l’or noir a gagné près de 50 %.

Le come back international de Poutine

Mais c’est surtout l’élection de Donald Trump aux États-Unis qui semble avoir changé la donne. Trump n’a jamais caché son admiration pour le dirigeant russe Vladimir Poutine. Il a nommé le CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, comme Secrétaire d’Etat. Tillerson est un vieil ami de Poutine, lequel lui a décerné une distinction prestigieuse en 2013, l’Ordre de l’Amitié.

Tout porte à croire que Poutine pourrait faire son « come-back » sur le plan international : non seulement les Américains lui ont laissé le champ libre à Alep, mais de plus, ils semblent désormais désireux de nouer des liens avec lui.

Les taux d’intérêt

La banque centrale russe a annoncé vendredi qu’elle maintiendrait son taux d’intérêt à 10 %, très au dessus de celui des autres économies émergentes. Ce pourcentage devrait être abaissé dans les prochains mois pour donner plus d’oxygène à l’économie russe. Et ce, alors que la Fed a annoncé hier qu’elle relavait les taux d’intérêt des États-Unis de 0,25 %. De ce fait, l’écart de taux d’intérêt entre les deux superpuissances devrait donc se réduire.

Combien de temps les sanctions économiques dureront-elles ?

Bien que le président français François Hollande et sa collègue Angela Merkel ont appelé mardi au prolongement des sanctions économiques contre la Russie, il semble désormais que ces dernières ne devraient pas perdurer. Tillerson a toujours critiqué ces sanctions et le Japon cherche maintenant un rapprochement économique avec la Russie pour tenter de  régler un différend portant sur quatre îles dont Moscou s’est emparé après la Seconde Guerre mondiale, mais qui sont revendiquées par le Japon.

Poutine, et non pas Trump

Ajoutez à cela l’influence russe présumée – si elle est confirmée – réussie sur les élections américaines et le référendum sur le Brexit  (et la crainte d’un scénario similaire en Allemagne et en France ), le rapprochement de la Turquie – un membre stratégiquement placé, crucial pour l’OTAN – avec Moscou, et non pas avec l’UE, et la forte amélioration des relations entre la Russie et la Chine cette année : non, «l’homme de l’année 2016» n’a pas été Donald Trump, mais Vladimir Poutine.

VLADIMIR PUTINíS INAUGURATION CEREMONY

DMITRY ASTAKHOV / RIA-NOVOSTI KREMLIN POOL / AFP

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