‘Pourquoi j’ai peur de Google’

Mathias Döpfner, le CEO du groupe de médias Axel Springer SE (qui édite entre autres Bild et  Die Welt) a publié la semaine passée dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung une lettre ouverte au président de Google Eric Schmidt.

Dans sa lettre, Döpfner explique pourquoi il craint le moteur de recherches géant qui selon lui devient un « Super-Etat non-réglementé. Google possède le moteur de recherches le plus populaire au monde, une plate-forme vidéo, un navigateur web, un service de courrier électronique et un système de conduite mobile, écrit-il. Google a énormément de pouvoir sur les organes de presse tels que le groupe Axel Springer qui dépendent du géant de la recherche internet pour leur trafic internet et les revenus apportés par leurs annonces publicitaires.

« Nous avons peur de Google » ajoute-t-il. Il illustre sa peur du monopole de Google (en mars 2014, Google détenait 90% des parts du marché des moteurs de recherches) par un incident récent dans une filiale d’Axel Springer : le trafic internet  vers le site de cette entreprise (concurrente de Google) a chuté de 70% après une petite modification de l’algorithme de Google. Döpfner fait remarquer que les relations de Springer avec Google peuvent difficilement être plus ambigües que maintenant : d’un côté, le groupe est un des plaignants dans une affaire antitrust européenne contre Google, d’un autre, Springer a tout intérêt à rester en bonne relation avec le géant Google car ce dernier décide de beaucoup d’initiatives internet à propos du nombre de visiteurs sur le site de Springer.

Google abuse  de sa position dominante. Il s’étonne que l’UE approuve officiellement cela et demande au commissaire européen Joaquin Almunia s’il veut entrer dans l’histoire « comme le clou dans le cercueil d’un économie européenne dans le domaine internet déjà quelque peu sclérosée ».

Même le propriétaire de Facebook Mark Zuckerberg n’est pas épargné par Döpfner. L’argument de Zuckerberg : « si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre »  (d’ailleurs approuvé par Schmidt) résonne selon Döpfner comme un slogan de la Stasi.

Enfin, Döpfner critique les projets d’avenir de Google au banc des accusés. Ce sont surtout les plaintes à propos des lois antitrust et de celles qui protègent la vie privée émises par le fondateur Larry Page et l’intérêt de Google pour les initiatives de seasteading (villes d’entreprises au sein des eaux internationales) qui éveillent les plus grandes inquiétudes chez Döpfner : « Cela signifie-t-il que Google se prépare à créer enclave de non-droit? Comme une sorte de Super-Etat? » (Via: Wired).

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