Pourquoi il n’y aura pas de révolution de la fracturation hydraulique en Europe

Finalement, il n’y aura pas de boom du gaz de schiste et de la fracturation hydraulique en Europe, affirme Politico.

En 2010, l’Agence américaine de l’Energie , l’EIA, avait estimé que l’Europe pouvait extraire près de 18.000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste, bien au-delà des 5.000 milliards de mètres cubes de réserves prouvées. C’était en Pologne et en France que se trouvaient les plus gros gisements, ces pays étant respectivement dotés de 29% et 28% du total des réserves. Mais les espoirs ont fait pschitt, relate le magazine. Il énumère 7 raisons pour cette désillusion :

L’activisme contre la fracturation hydraulique

Le documentaire « Gasland », qui a insisté sur les risques de pollution inhérents à cette technique d’extraction de la ressource, et notamment des problèmes de contamination de l’air, de l’eau, des risques pour la santé, ainsi que du risque accru de tremblements de terre, a renforcé les convictions des activistes européens anti-fracking. La Russie aurait contribué à maintenir les rumeurs et les campagnes d’information en collaboration avec des organisations non-gouvernementales, dans le but de maintenir la dépendance de certains pays européens à l’égard du gaz russe.

Les inquiétudes locales

Les différentes perspectives entre les autorités nationales et les instances locales ont renforcé l’opposition locale. Les gouvernements n’ont communiqué que sur les bénéfices en matière énergétique du gaz de schiste, alors que les communautés locales se sont intéressées aux conséquences locales, et elles se sont notamment cristallisées sur les effets sur l’environnement et les inquiétudes correspondantes.

Le facteur politique

Aucun pays du bloc ne partageant la même législation, et compte tenu que la Commission Européenne a recommandé de gérer les risques environnementaux associés à la fracturation hydraulique, il n’a pas été possible de définir une politique coordonnée. En outre, cela a donné lieu à des interprétations variées en fonction des pays.

Ainsi, la Bulgarie et la France ont interdit cette méthode d’extraction en 2012 et 2013, tandis que l’Allemagne a renforcé ses contraintes environnementales pour les exploitants.

La géologie

Les essais de forage en Europe ont montré que le sous-sol européen était plus boueux et plus argileux que le sous-sol américain, et les poches de gaz de schiste situées plus profondément, ce qui signifie que l’extraction du gaz de schiste y est plus compliquée, et donc plus coûteuse.

Les coûts

En Europe, il n’est pas possible de réaliser des économies d’échelle aussi intéressantes qu’aux Etats-Unis. Par exemple, un forage en Pologne coûte 15 millions de dollars par puits, contre 3 à 10 millions de dollars aux Etats-Unis. Les exploitants seront obligés d’augmenter leurs prix de vente pour justifier leurs investissements.

Le manque d’incitation

Aux Etats-Unis, l’industrie du fracking a fait émerger toute une classe de magnats qui sont devenus millionnaires avec les revenus du gaz de schiste. Mais dans la plupart des pays européens, les richesses du sous-sol appartiennent à l’Etat ou au Royaume, ce qui signifie que les revenus sont moindres pour l’exploitant.

Ce n’est plus une priorité

Compte tenu de tous ces obstacles, l’industrie pétrolière, comme Bruxelles, se sont détournés de la fracturation hydraulique. Les pétroliers préfèrent se concentrer sur la compétitivité du gaz en Europe en améliorant les marchés internes.

« La raison pour laquelle le gaz de schiste marche aux Etats-Unis, c’est qu’il coche toutes les cases pour réussir. En Europe, il y a tant de contraintes que beaucoup de cases ne peuvent être cochées » résume Ian Blakeley du think tank Drillinginfo.

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