Un juge allemand valide la « police de la charia »

Un tribunal allemand a jugé que les sept hommes qui faisaient partie de la soi-disant «Police de la charia »  ne pouvaient pas être accusés d’avoir commis une infraction. Sur la base de ce jugement, les sept hommes ont été acquittés. Ces 7 hommes – des adeptes du salafisme – avaient défrayé la chronique lorsqu’ils avaient initié des patrouilles dans les rues où se concentre la vie nocturne de la ville allemande de Wuppertal en septembre 2014. Abordant les badauds, ils leur demandaient de cesser de consommer de l’alcool ou de la drogue, de ne plus écouter de musique, et de ne pas s’engager dans le jeu, la pornographie et d’autres activités « impies », et de fréquenter la mosquée. Ils auraient également distribué des tracts intitulés « zone contrôlée par la charia ».

La police a lancé une enquête sur ces hommes, âgés de 19 à 33 ans, à qui elle reprochait de violer la loi sur les rassemblements publics.

Police de la charia = droit à la libre expression

Le procureur public a tenté de les mettre en cause au motif qu’ils portaient des gilets d’alerte orange comportant les mots « police de la charia », et qu’ils avaient donc violé la loi qui interdit le port d’uniformes lors de rassemblements publics, une loi destinée à l’origine à lutter contre les manifestations publiques de mouvements néo-nazis.Mais le tribunal de Wuppertal a statué que ces vestes ne pouvaient pas être considérées comme des uniformes, et qu’elles étaient dénuées de caractère intimidant. Un témoin a dit qu’il pensait qu’il s’agissait « d’un enterrement de vie de garçon ».« Une condamnation aurait été une erreur », a déclaré le juge. Il a suivi le raisonnement de la défense, qui a invoqué le droit à la liberté d’expression.Les salafistes s’étaient enregistrés dans une vidéo qu’ils ont diffusée sur Internet.

La tête pensante du groupe est incarcérée pour avoir soutenu des organisations terroristes

Le prédicateur salafiste Sven Lau (sur la photo ci-dessous), qui se présente comme l’une des têtes pensantes de cette organisation, n’était pas présent lors de cette audience. Il est actuellement incarcéré pour « soutien à une organisation terroriste ». On l’accuse d’avoir recruté des jihadistes pour le compte de Jaich al-Mouhajirine wal Ansar, un groupe syrien.Le procureur peut encore faire appel, mais on ne sait pas s’il le fera.Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung,  peut-être que rien de délictueux n’a été commis, mais c’est la  «résilience de la communauté» qui a été éprouvée à l’encontre d’opposants manifestes à l’état de droit.

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