Le pilier de l’économie du Venezuela est au bord de l’effondrement

Pdvsa, la compagnie pétrolière d’État du Venezuela, est au bord de l’effondrement, affirme le New York Times. Son déclin est à la fois la cause et la conséquence des problèmes de récession, d’inflation galopante, de pénurie et de criminalité du pays. Une faillite risquerait donc de déstabiliser davantage ce dernier.

Pdvsa, la compagnie pétrolière d’État du Venezuela, est au bord de l’effondrement, affirme le New York Times. Son déclin est à la fois la cause et la conséquence des problèmes de récession, d’inflation galopante, de pénurie et de criminalité du pays. Une faillite risquerait donc de déstabiliser davantage ce dernier.

Pendant des décennies, Pdvsa avait exploité avec succès les grandes réserves de pétrole du Venezuela (les plus grandes réserves de pétrole prouvées du monde), et permis de financer la révolution socialiste de l’ancien dirigeant Hugo Chavez. Grâce à elle, le Venezuela était devenu l’un des plus riches pays d’Amérique latine.L’or noir représente la moitié des recettes de l’Etat du Venezuela. Entre 2001 et 2015, les 250 milliards de dollars de recettes qu’il a généré a permis aux dirigeants vénézuéliens de mener des programmes sociaux, et de financer les importations de produits alimentaires.

Une baisse catastrophique de la production

Mais la baisse des recettes pétrolières, liée à la chute des cours de l’or noir, s’est combinée au manque d’investissements et à la mauvaise gestion. En conséquence, les installations de Pdvsa, mal entretenues, sont graduellement tombées en ruine. La pénurie de pièces détachées n’a rien arrangé. Cette année, elles n’ont tourné qu’à 20 % de leur capacité. « Avec une production qui ne fait que baisser, on assiste à une spirale de baisse des disponibilités et des investissements qui aboutit à une baisse de la production », explique Francisco J. Monaldi, expert en pétrole vénézuélien à l’Université Rice de Houston.La production de la firme baisse de 20 000 à 50 000 barils par jour mois après mois, et a désormais atteint son plus bas niveau en 30 ans.Dans les usines, des travailleurs désœuvrés jouent au cartes.Désormais, Pdvsa n’est plus capable de satisfaire la demande domestique en gasoil et en essence. En conséquence, le pays est contraint d’en importer, y compris de son grand ennemi, les États-Unis. De même, les exportations de pétrole brut du Venezuela se sont effondrées d’un tiers aux États-Unis, mais aussi de 15 % en Chine. Et compte tenu de la baisse de la qualité du pétrole, il faut s’attendre à pire.

Un défaut sur sa dette

La baisse de son chiffre d’affaires a mis Pdvsa dans l’incapacité de payer ses dettes. Depuis début novembre, la société est en défaut technique sur une dette de 26,5 milliards de dollars. En outre, elle doit encore 60 milliards de dollars aux entreprises qui s’occupent du forage et des champs de pétrole. La situation financière de l’entreprise est si catastrophique que le plus grand pays ami du Venezuela, Cuba, vient récemment de s’emparer de 49 % des parts d’une raffinerie de Pdvsa située sur son territoire pour se payer.

Un militaire qui ne connait rien au secteur pétrolier nommé dirigeant

Le mois dernier, le président vénézuélien Nicolas Maduro a nommé le Major Général Manuel Quevedo à la tête du ministère du pétrole et de Pdvsa. L’homme n’a aucune expérience du secteur de l’énergie. Selon les critiques, sa nomination n’aurait eu pour but que d’éviter un coup d’Etat.

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