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Payer les femmes pour faire le ménage ?

Faire le ménage, cuisiner, s’occuper de ses enfants des enfants, laver le linge, prendre soin des personnes âgées… Longtemps, ces activités n’étaient pas considérées comme productives aux yeux des théoriciens de l’économie : il y avait le travail salarié, le « vrai » travail, et le travail domestique, gratuit et surtout féminin. Ce n’est que dans les années 1970 que l’on commence à s’intéresser à cette économie invisible et à remettre en question le partage des tâches au sein du foyer.

En 2010, selon une étude de l’Insee, les Français ont réalisé 61 milliards d’heures de travail domestique non payé, ce qui représente en moyenne un peu plus de trois heures par jour consacrées aux tâches domestiques. Pourtant, la répartition est inégale : ces heures sont assurées à 64% par des femmes. Par exemple, si un homme en couple avec enfant(s) fait environ 2h30 de travail domestique chaque jour, une femme dans le même scénario en fera presque cinq.

La valeur de ces heures de travail n’est pas comptabilisée dans le calcul du produit intérieur brut, mais si ces heures étaient rémunérées au salaire minimum, elles représenteraient une production de richesse évaluée à presque 636 milliards d’euros soit un tiers du PIB (32,8%) ! Au niveau mondial, une étude de 2015réalisée par le cabinet de conseil américain McKinsey estimait la part de ce travail à environ 13% du PIB mondial soit une valeur de dix mille milliards de dollars.

Un vrai problème pour le pouvoir d’achat et la retraite

La répartition inégale du travail domestique signifie pour les femmes un pouvoir d’achat inférieur et des difficultés à épargner et cotiser pour leurs retraites. Dans le monde du travail rémunéré, les femmes sont toujours désavantagées avec la persistance des inégalités de salaires homme-femme.

Outre une évolution des mentalités et de la législation pour faciliter une meilleure répartition des tâches domestiques, une question controversée est celle de la rémunération du travail domestique : s’agit-il de renforcer et perpétuer les inégalités existantes, ou de rendre visible un travail souvent ignoré ? Une étude du portail ProntoPro citée dans cet article du Figaro calcule que le travail des mères au foyer représenterait un salaire mensuel de 6 400 euros par mois s’il était rémunéré, soit autant qu’un cadre supérieur !

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