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Paresseux ? Ne rien faire comporte toute une série d’avantages psychologiques

Nous serons toujoursconfrontés à une liste interminable de tâches à accomplir et detravail à abattre. Parallèlement, la culture de productivitéimpitoyable oblige tout travailleur à commencer son labeurimmédiatement et à se sentir coupable du moindre gaspillage detemps. Cependant, la vérité est qu’une vie consacrée à répondreconsciencieusement à toute une série de courriels est en effetterne et que le temps « gaspillé » est, en fait, trèsenrichissant et nécessaire, écrit Olivia Goldhill, rédactricescientifique du site d’information Quartz.

Dans The Guardian, OliverBurkeman se réfère à Merlin Mann, auteur chargé d’écrire unlivre sur son système de messagerie simplifié. Deux ans plus tard,Mann abandonna le projet et publia un article (depuis lors supprimé)sur le temps qu’il avait passé à se concentrer sur la façon depasser tant de temps de la bonne manière et sur le fait quefinalement, il avait fini par manquer de moments précieux avec safille.

« Le problème vientdu fait que nous passons si longtemps à courir aux trousses de laproductivité et que nous refusons de prendre de véritablespauses », écrit la journaliste. Cela nous conduit à un manquede sommeil, et d’autres pauses possibles sont négligées. « Et même si nousprenons une pause, nous sommes souvent amenés à prendre consciencedes choses que vous devrions faire et par conséquent, l’expérienceest alourdie par la culpabilité. Au lieu de cela, nous nous tournons souvent vers la tendance la moins satisfaisante detoutes: s’asseoir à notre bureau, devant notre ordinateur, naviguersur des sites web et ne pas contribuer à notre bonheur ou à notreproductivité. »

Moins d’heures de travail pour le même montant 

« Il y existe une idéeselon laquelle nous devons toujours être disponibles, travaillertout le temps », explique Michael Guttridge, un psychologue qui seconcentre sur le comportement en milieu de travail. « Il est difficile desortir de cette spirale et d’aller par exemple faire un tour au parcet les inconvénients sont évidents: nous finissons par zoner surnotre ordinateur, à la recherche de distraction sur les médiassociaux, nous nous imaginons « multitâche » tout en passantplus de temps que nécessaire sur les tâches les plusélémentaires. »

En outre, selonGuttridge, nous passons à côté des avantages physiques et mentauxdu temps passé à nous concentrer sur nous-mêmes. « Les gensmangent au bureau et posent leur nourriture sur l’ordinateur, c’estdégoûtant. Ils feraient mieux d’aller se promener, d’aller au café,juste de s’éloigner », dit-il. « Même les usines victoriennesfaisaient des pauses. »

Selon Goldhill, l’histoiren’a certainement pas enseigné à l’homme devait travailler si dur. Lajournaliste se réfère à Alex Soojung-Kim Pan, auteur de l’ouvrage REST: Why You Get More Done When You Work Less, livrequi souligne que des célébrités comme Charles Dickens, GabrielGarcía Márquez et Charles Darwin avaient des horaires trèsdétendus, travaillant cinq heures par jour ou moins. « La vérité estque le temps de travail augmente et que, pour la plupart d’entrenous, nous pourrions passer beaucoup moins d’heures au bureau etobtenir le même montant », écrit Goldhill.

Parfois, même desactivités censées être un plaisir – regarder un film ou allercourir – peuvent être accablées par le sens des responsabilités.Guttridge affirme avoir entendu parler de PDG qui regardent des filmsen vitesse rapide, afin d’en comprendre rapidement l’essentiel. « Ilsne ressentiront certainement pas le plaisir de s’immerger dans ununivers cinématographique. » « Le temps perdu estune manière de recharger vos batteries et de vous désencombrer »,affirme Guttridge. « Prendre le temps d’être totalement,glorieusement, fièrement improductif va finalement vous rendremeilleur dans votre travail et c’est aussi satisfaisant en soi. »

« Même le fait dezapper sur votre téléviseur peut vous transporter à condition quevous vous détendiez. D’un autre côté, quiconque blâme le tempspassif devant un écran, ne jouira pas beaucoup de cette oisiveté ». »Nous devons chérir cesmoments », dit Goldhill. « En outre, il faut se rendre compteque ces pertes de temps sont en fait des moments finalementbien dépensés. »

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