Palantir, le bébé de la CIA, veut maintenant aider les entreprises privées à exploiter le big data

Palantir, une startup de la Silicon Valley, a levé 880 millions de dollars de fonds la semaine dernière, ce qui porte à 2 milliards d’euros le total des capitaux qu’elle est parvenue à obtenir. 

Elle a été crée en 2004 par l’un des co-fondateurs de PayPal, Peter Thiel. Marqué par les attentats du 11 septembre, cet Américain a eu l’idée d’utiliser les algorithmes informatiques et la collecte de données personnelles pour lutter contre le terrorisme. Fort intéressée par ce projet, la CIA décide d’investir $2 millions dans Palantir Technologies.

Depuis, la startup est en pleine expansion (elle a un effectif de 2000 employés et sa valeur est estimée à 20 milliards de dollars, même si elle n’est toujours pas rentable). Outre la CIA, la NSA, le FBI et d’autres instances gouvernementales nord-américaines ont recours à ses services. Désormais, 60% de sa clientèle sont des organisations privées: de grandes banques américaines, dont JP Morgan, qui s’est servie de ses services pour revendre au mieux les maisons saisies en pleine crise des subprimes, des assureurs, des sociétés pétrolières, des distributeurs.

La startup collecte des numéros de téléphone, des relevés de comptes, des informations judiciaires, … Son logiciel les analyse et repère les liens entre les informations. Une grande part des données traitées par Palantir sont secrètes. On affirme que ses compétences ont contribué à la localisation d’Oussama Ben Laden, mais la startup n’a jamais validé cette rumeur.

« Les données sont devenues la monnaie la plus courante mais aussi la plus intéressante », a indiqué Ryan Beiemeister, chargé du développement chez Palantir, au cours d’une conférence. La startup affirme respecter une certaine éthique: elle a refusé de collaborer avec les autorités chinoises ou les revendeurs de tabac et travaille gratuitement pour les organismes caritatifs.

Palantir assure respecter la vie privée et limiter la distribution d’informations personnelles mais admet que c’est une décision qui revient principalement au client.

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