Pourquoi Obama s’intéresse-t-il tant à l’Europe soudainement ?

Lors d’une visite à Hanovre, en Allemagne, le président américain Barack Obama a exhorté l’Europe à resserrer ses rangs. Il a mis en garde contre le nationalisme extrême et a salué la politique d’accueil des réfugiés de la chancelière allemande Angela Merkel. Les commentateurs se demandent pourquoi diantre Obama se montre si intéressé par l’Europe, juste au moment où sa présidence touche à sa fin ? Pour le journal suisse Corriere del Ticino, l’objectif d’Obama est de soutenir la candidature d’Hillary Clinton :“Au cours des deux dernières étapes de sa tournée d’adieu, au Royaume-Uni et en Allemagne, le désir d’Obama d’un rapprochement avec l’Europe est devenu particulièrement clair. Une Europe avec laquelle il avait pourtant souvent pris ses distances au cours des 8 dernières années. (…)On peut donc se demander pourquoi Obama a soudain décidé de se rapprocher une nouvelle fois de l’Europe. Il y a deux raisons pour cela. D’un côté, le président américain a réalisé qu’il n’était pas dans les intérêts des Etats Unis de se passer du Vieux Continent, sur le plan militaire, comme sur le plan économique.D’un autre côté, Obama s’est rendu en Europe pour participer à la campagne des élections. Pas pour lui, mais pour Hillary Clinton, et contre la menace de l’isolationnisme que représente le candidat républicain en tête Donald Trump ».Pour le quotidien allemand Tageszeitung, les louanges qu’Obama a adressées à Merkel pour sa politique des réfugiés étaient purement intéressées :« A l’exception de leurs équivalents en Europe de l’Est, ces nouveaux partis de droite  ont une chose en commun : en termes de politique étrangère, ils se tournent plutôt vers Moscou que Washington. Si leur montée en puissance se poursuit, les relations transatlantiques pourraient connaître leur plus grande crise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il est donc également dans l’intérêt des États-Unis de soutenir les forces pro-européennes et leur figure de proue Angela Merkel. Mais les bons mots suffiront-ils ? Obama ne devrait-il pas également fournir une aide pratique à sa vieille amie l’Europe ? Les États-Unis ont contribué aux causes de l’exode actuel, mais pour le moment, ils n’ont même pas accueilli 10.000 réfugiés syriens. Si Obama acceptait d’en prendre un contingent digne d’être mentionné, cela soulagerait l’Europe de sa pression … Et alors, les populistes de droite perdraient vraiment de leur élan”.Pour Bart Sturtewagen dans De Standaard, les Etats Unis ne cherchent qu’à protéger leurs propres intérêts, et ils n’interviendront pas pour aider l’Europe :“Cette distance se manifeste à un moment où la cohésion interne de l’Europe n’a jamais été aussi fragile au cours du dernier demi-siècle. Nous laissons le président turc Erdogan nous ridiculiser, Poutine défier notre autorité. Au même moment, l’un des Etats membres les plus importants se paye le luxe d’un référendum sur une possible sortie. C’est comme si nous étions en train de jongler avec notre propre faiblesse. Dans le monde d’aujourd’hui, et sans aucun doute, dans celui de demain aussi, nous payerons le prix fort pour un tel laxisme”.

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