Le nouvel ordre politique en Occident : insiders contre outsiders

« 2016 aura été l’année des ‘outsiders’ », affirme l’économiste irlandais David McWilliams sur son blog. « Partout en Occident, on a le sentiment que la politique conventionnelle n’a pas permis de répondre aux grandes questions que sont la nation, l’ethnicité, l’équité, l’opportunité et la prospérité. Ceux que les commentateurs balayent comme étant des partis ou des individus populistes ont rempli ce vide ». Il cite le brexit, la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, et l’échec de Matteo Renzi au référendum italien comme des victoires des « outsiders ». Mais comment expliquer l’émergence de cette nouvelle tendance ?

Il donne 3 raisons :

  1. L’échec des politiques économiques appliquées depuis la crise financière. En Europe, elles n’ont pas toujours permis de juguler le chômage dans certains pays, de faire remonter les niveaux des salaires, alors que l’endettement s’est aggravé et que la déflation s’installe.
  2. Une soif de nouveauté. Après une succession de partis avec des programmes similaires, indépendamment de leur étiquette politique, les électeurs constatent que « toujours plus de la même chose » ne fonctionne pas mieux et ils recherchent une véritable alternative.
  3. L’incapacité des partis politiques conventionnels à se renouveler. Ils s’adressent toujours au public au travers du même prisme, des mêmes dichotomies : droite contre gauche, urbain contre rural, riche contre pauvre, chrétien contre musulman, jeune contre vieux, etc. Or, il est plus judicieux d’opposer les ‘insiders’ aux ‘outsiders’, et la relance à la récession.

Les insiders sont associés à la politique

McWillimans explique ensuite ce que sont les ‘insiders’ : des personnes influentes, qui ont voix au chapitre, et qui ont des intérêts dans la société. Ils peuvent être indifféremment de gauche ou de droite, ils sont organisés et leur objectif est de tirer parti le plus possible de l’État. Ils sont associés au processus politique et ils ont l’oreille des gouvernements.« En résumé, ils ont accès au pouvoir et ils peuvent influencer la manière dont il est déployé. En cas de crise (…) l’objectif principal des insiders est de s’assurer que leurs intérêts sont protégés du ralentissement de la croissance et qu’ils s’accaparent la plus grosse part possible du gâteau qui se réduit. De façon intéressante, les insiders de la gauche et de la droite conservatrice joignent leurs forces pour faire supporter les coûts de la récession par les outsiders ».McWilliams explique ainsi pourquoi les étatistes corporatistes sont parvenus à conserver le pouvoir dans toute l’Europe. « Bien sûr, ils emploient la langue de la gauche et de la droite, et cabotinent sur leurs différences idéologiques auprès de leurs audiences, mais dans le fond, leur principal objectif est la sauvegarde de l’existant».

Par contraste, les outsiders ne sont pas représentés

« Ce sont ceux qui n’ont personne pour parler en leur nom. Ils ne prennent pas part au processus politique, et de ce fait, ils sont à l’extérieur. Ce sont les petits indépendants, les contractuels, les immigrants, les chômeurs, et, bien sûr, les jeunes. Ils sont exclus, hors du processus, et comme ils ne sont pas organisés, on ne connaît pas leurs problèmes. Eux aussi peuvent être de gauche ou de droite. (…)Aucun d’eux n’a de réel intérêt dans la société ; aucun n’est entendu. Mais ce qu’ils ont, c’est une voix. (…)Comme ils ne sont pas organisés, par définition, et qu’ils parlent rarement d’une seule voix, dans les périodes difficiles, ils sont représentés par des partis non conventionnels qui mêlent la rhétorique des exclus avec le réconfort tribal de la couverture de la nation ; qui leur offrent l’élixir des impôts réduits, avec la promesse de la croissance économique.Avant tout, ces partis et ces individus ont compris que les partis traditionnels sont de connivence, et qu’ils tentent de maintenir un statu quo, afin de protéger les insiders ».

[Les outsiders] ne sont pas des racistes, des primitifs, ou des personnes bernées. Elles sont simplement exclues. 2016 aura été l’année où les outsiders auront dit « Assez ! ».
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