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Le nouvel aéroport de Berlin sera-t-il achevé un jour ?

Après plus d’une décennie de travaux, Berlin ne dispose toujours pas d’un aéroport international digne de ce nom. Pourtant, les travaux pour le nouvel aéroport international Willy-Brandt de Berlin-Brandebourg ont commencé en 2006, avec une inauguration au départ prévue pour 2011 qui n’en finit pas d’être repoussée.

Les causes ? Erreurs de planification, défauts de constructions et soucis techniques, le tout accompagné de soupçons de corruption… La facture, elle, s’est envolée. Le coût du projet estimé initialement à 1,7 milliard d’euros dépasserait désormais les 7 milliards.

11 519 défauts

Dans un nouveau rebondissement, un rapport d’audit technique a pointé pas moins de 11 519 défauts. Certains portent sur le système d’alimentation électrique du bâtiment, plus précisément, sur des milliers de chevilles qui ne sont pas aux normes, car elles sont en plastique non ignifugé… alors qu’elles ont été posées dans le système de protection contre les incendies.

Ces défauts doivent être corrigés avant fin juillet pour pouvoir respecter l’objectif d’une ouverture en octobre 2020, mais le remplacement de ces chevilles représenterait une perte de temps énorme dans le calendrier du projet. L’inauguration va-t-elle devoir être repoussée encore une fois ?

Ces contretemps cristallisent les frustrations des politiciens berlinois. Sebastian Czaja, président du groupe parlementaire des libéraux (FDP), a qualifié Engelbert Lütke Daldrup, le CEO de l’aéroport, de « menteur notoire ». Celui-ci a rétorqué en l’attraquant en justice pour diffamation.

Un projet qui remonte à la chute du Mur en 1989

Le nouvel aéroport Willy-Brandt, situé au sud de Berlin en bordure du Brandebourg, devrait remplacer les aéroports berlinois de Schönefeld et de Tegel aux capacités d’accueil limitées. Pour les destinations lointaines, de nombreux voyageurs doivent en effet transiter par Francfort ou Munich, les deux principaux hubs aériens du pays. Avec ce nouvel édifice, la capitale allemande doit se doter d’un aéroport international digne de celux de Londres ou de Paris, et il devrait accueillir 40 millions de passagers par an.

Tegel, l’aéroport central, continue à desservir la plupart des vols à destination des grandes capitales européennes et les vols long-courriers. Son avenir est pour l’instant incertain : sera-t-il fermé quand Willy-Brandt ouvrira ses portes ? Va-t-il devenir un nightclub géant ? Lors d’une consultation avec les Berlinois en septembre 2017, ceux-ci se sont prononcés en majorité en faveur de son maintien. Il représente aussi une page d’histoire : il avait été aménagé à Berlin-Ouest en un temps record par les forces françaises pour organiser le pont aérien en 1948 pendant le blocus de la ville par les Soviétiques.

L’aéroport de Schönefeld, le deuxième aéroport de Berlin, héberge plutôt les compagnies low-cost. Il a ouvert deux ans avant Tegel, en 1946 à Berlin-Est. Il sera absorbé par le nouvel aéroport qui se situe partiellement sur son territoire.

Ces deux aéroports qui datent de la guerre froide n’ont pas été conçus pour accueillir les flux de passagers de notre époque moderne. Aussi, l’idée d’un nouvel aéroport pour Berlin, plus moderne, avait été soulevée dès la chute du mur en 1989.

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