‘Nous sommes au milieu d’un ouragan technologique qui refaçonne le marché du travail, et il ne fait que doubler de puissance’

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Dans leur ouvrage « The Second Machine Age», Erik Brynjolfsson et Andrew McCafee rappellent la réponse que le champion d’échecs néerlandais Jan Hein Donner avait donnée lorsqu’on lui avait demandé comment il se préparerait s’il devait jouer une partie contre un super-ordinateur comme Deep Blue d’IBM. Donner répondit :  «Je prendrais un marteau ».

Donner n’est pas le seul à penser ainsi. Les progrès réalisés dans le domaine de l’automatisation et des logiciels est tel, que leurs nouvelles applications, dont les voitures sans conducteur, les robots d’usine et l’électronique grand public à commande vocale ne sont que quelques exemples, ne remplacent plus seulement les ouvriers, mais qu’elles commencent aussi à se substituer aux employés de bureau, et même, aux grands maîtres d’échecs.

Pour Thomas Friedman, on peut résumer cette évolution de la façon suivante : nous sommes passés d’un monde « connecté » à un monde « hyperconnecté » et en conséquence, la moyenne est abolie, parce les employeurs ont un accès facilité et bien plus économique à des logiciels, des robots, et des talents à l’étranger supérieurs à la moyenne. Ou, comme l’écrivent Brynjolfsson et McCafee, au cours de la dernière décennie, nous sommes entrés dans la « seconde ère des machines ».

Les deux auteurs expliquent que la « première ère des machines» est celle de la Révolution Industrielle née avec la création du moteur à vapeur à la fin du XVIIIe. Au cours de cette période, on a créé des systèmes fournissant de la puissance pour donner plus de force au muscle humain. Mais comme l’homme devait encore intervenir pour prendre les décisions, les inventions de cette époque ont donné de l’importance au travail humain, et l’homme et la machine étaient complémentaires.

Mais dans la seconde ère des machines, les automates sont de plus en plus compétents pour prendre de meilleures décisions que les hommes. Désormais, l’homme et la machine sont des substituts l’un de l’autre.

3 facteurs ont permis cette évolution :

✔ La loi de Moore, qui affirme que la puissance de calcul des ordinateurs double tous les deux ans. Par comparaison, la puissance physique de la vapeur doublait tous les … 70 ans.

✔ La généralisation de l’internet, qui signifie qu’il est possible d’analyser les données et de décrire des tendances, de dupliquer ce qui marche bien et d’améliorer ce qui ne marche pas en temps réel. Cela implique que l’on peut se perfectionner fortement très rapidement.  

✔ Les progrès combinatoires : des applications se sont greffées sur d’autres applications pour en augmenter l’efficacité ou la portée. L’application Waze se combine ainsi avec Google Maps pour donner à chaque instant le meilleur itinéraire aux utilisateurs en fonction des conditions de trafic du moment, indiquées par les smartphones placés dans les voitures d’autres internautes.

La combinaison de ces progrès implique que notre génération a plus le pouvoir que jamais d’améliorer notre monde (ou de le détruire). Mais cela implique aussi de profondes conséquences sociales, parce que le travail est un aspect important de notre identité, de notre dignité et de notre équilibre social.

Les deux auteurs proposent donc de:

✔ Réduire la taxation du travail humain, pour le rendre moins coûteux que le travail numérique.

✔ Réinventer l’éducation pour permettre à plus de gens de s’engager dans la course aux côtés des machines, et non contre elles, et pour favoriser la création d’entreprises de nature à créer de nouvelles industries et de nouveaux emplois.

✔ Réfléchir à la création d’un revenu de base pour tous, indépendamment de leur contribution à la société.

« Non seulement nous traversons une période de déprime du marché du travail issue d’une récession, mais nous sommes aussi au milieu d’un ouragan technologique qui est en train de refaçonner le marché du travail, et il ne fait que doubler de puissance ». 

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