« Non, nous ne sommes pas au bord d’une nouvelle crise financière »

Le monde n’est pas en train de s’engager dans une nouvelle crise financière, juge le think tank britannique Centre for Economics and Business Research (CEBR). Dans son rapport, “Three reasons why the markets are wrong”, il affirme que les marchés boursiers ont été très chahutés en raison des craintes d’un ralentissement en Chine, de la débâcle sur les cours des matières premières, et des inquiétudes concernant la fragilité de certaines banques, mais qu’il y a toujours des raisons fondamentales qui suggèrent que l’économie mondiale va se maintenir. Selon le think tank, l’économie mondiale devrait encore bénéficier d’une croissance de 2,6% cette année, en contradiction avec ce que les marchés boursiers semblent croire. Il juge que les inquiétudes concernant la Chine sont infondées, que le ralentissement que l’on a observé récemment dans l’économie américaine n’est qu’un “raté”, et que l’effondrement des cours du pétrole n’a rien à voir avec un éventuel déclin du commerce mondial, comme le croient les marchés.“Il y a une déconnexion claire entre les mauvaises performances des marchés financiers et l’état de l’économie réelle actuellement”, peut-on lire dans son rapport. “Cependant, bien que nous ne pensons pas que l’ambiance morose sur les marchés financiers soit justifiée, il y a un risque que la performance des marchés se fasse ressentir dans l’économie réelle, ce qui en ferait des prophéties auto-réalisatrices”, commente Danae Kyriakopoulou, un économiste du CEBR.

Surendettement mondial

William White, qui préside le comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et qui est aussi l’ancien chef économiste de la Banque des Règlements Internationaux (BRI), ne partage pas du tout cet avis. Selon lui, nous nous dirigeons vers une nouvelle crise financière, liée au surendettement mondial. “Au global, la dette est passée 200% du PIB mondial en 2007 à 250% actuellement. Il n’y a pas eu de désendettement”, déplore-t-il.Les déséquilibres de l’économie mondiale vont donc nous mener vers une nouvelle crise. “A un certain point, quand quelque chose est intenable, il faut que ça prenne fin. Mais ça peut continuer comme ça encore plus longtemps que prévu”.

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