Il n’y a qu’un facteur prédictif significatif du soutien de la violence islamiste

La discrimination, la privation, la colère à l’égard de la politique étrangère occidentale, l’oppression des musulmans ou des expériences traumatiques sont autant d’éléments souvent mis en avant pour expliquer l’extrémisme islamiste et le soutien à la violence islamiste. Mais Michele Groppi, du Kings College de Londres, a mené une enquête qui montre qu’aucun de ces facteurs n’est décisif et qu’ils ne jouent aucun rôle.

La discrimination, la privation, la colère à l’égard de la politique étrangère occidentale, l’oppression des musulmans ou des expériences traumatiques sont autant d’éléments souvent mis en avant pour expliquer l’extrémisme islamiste et le soutien à la violence islamiste. Mais Michele Groppi, du Kings College de Londres, a mené une enquête qui montre qu’aucun de ces facteurs n’est décisif et qu’ils ne jouent aucun rôle.

De Bron : «[Groppi] a étudié 440 000 musulmans italiens pour savoir quelles étaient les croyances susceptibles d’entraîner un soutien à la violence islamiste. Et qu’en est-il ressorti ?

Ce qui est apparu comme statistiquement significatif est leur colère contre ceux qui attaquent l’islam, le critiquent ou l’insultent, – la critique légitime pour les islamistes est presque toujours considérée comme une insulte – et la préférence pour une gouvernance islamique, théocratique de l’État.

L’idée que la charia doit dominer toute la vie publique (donc l’islamisme) s’est révélée être un facteur prédictif de violence. […] Une attitude (ambivalente ou hostile) vis-à-vis de la culture italienne, de la société et des problèmes sociaux, s’est avérée marginalement significative.

Groppi a en outre constaté que d’autres facteurs populaires (qui sont tous exogènes – c’est-à-dire, des forces extérieures – à l’islam) étaient statistiquement non significatifs. La discrimination ne s’est pas révélée être un facteur prédictif de promotion de la violence, ni la privation, ni la colère à l’égard de la politique étrangère occidentale ou l’oppression des musulmans, ou des expériences traumatiques. (…)

[…] Ces facteurs endogènes (y compris le désir de voir la charia prévaloir partout et la colère contre ceux qui critiquent ou insultent l’islam) sont dominants. C’est la seule vision qui permet d’expliquer la violence massive contre les minorités religieuses dans les pays islamiques, les musulmans modérés et les ex-musulmans. Aucun de ces groupes n’est en effet responsable de la discrimination ou des désavantages à l’égard des musulmans, ni de la politique au Moyen-Orient, ni ne peut être accusé d’en blâmer d’« autres ».À noter également que la violence contre ces groupes existe depuis des siècles, mais avec de grandes variations. Cela existait déjà avant que les Saoudiens gagnent le premier pétrodollar et avant que l’Occident domine le monde. Bien sûr, on sait que la violence contemporaine a aussi des racines non religieuses. Mais celles-ci pèsent clairement moins lourd.

Appliquer la loi

Dans l’ensemble, Groppi a trouvé des preuves solides de facteurs significatifs qui sont endogènes à l’islam. Dans quelle mesure nos gouvernements prendront-ils cela au sérieux ? Quand écouteront-ils tous ces musulmans démocrates et ces ex-musulmans qui les mettent en garde contre l’islamisme ? Et à l’égard des musulmanes qui en ont marre de certains abus ? Quand préciseront- ils que la loi s’applique également aux musulmans qui veulent donner leur priorité aux normes religieuses et ne pas accepter les critiques (avec une interdiction de toute incitation à la violence) ?(…) Il existe de plus en plus de signes qui montrent que l’idée que la société doit être organisée selon les normes islamiques incite souvent à la violence. Dans « ‘De kwestie M. Een gekaapte godsdienst’ » Eddy Daniels a décrit les instructions directes que Mohamet a prescrites aux musulmans contre les non-musulmans. Et naturellement, ce ne sont pas les livres sacrés qui tuent, mais plutôt certains hommes qui les ont lus, ou qui font ce qu’ils pensent y être prescrit.Mais l’incitation à la violence est explicitement interdite ici. Ne devrions-nous pas interdire l’islamisme et plus spécifiquement la partie faisant référence à la charia, parce qu’elle incite à la violence et au sectarisme, et surtout bien expliquer pourquoi nous faisons cela, et le faire systématiquement ? »Une version plus complète de ce billet d’opinion de Rudi Dierick peut être trouvée ici.

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