Moscou met l’industrie du tourisme turque à genoux

La décision du Kremlin d’interdire la vente de séjours balnéaires en Turquie et les vols charters à destination de ce pays commence à affecter très sévèrement l’économie de  celui-ci, rapporte le Financial Times.

L’année dernière, pas moins de 4,4 millions de Russes sont partis en vacance en Turquie, et 90% d’entre eux s’y sont rendus par vol charter, indique TurSab, l’association des agences de voyage turques. Cela fait d’eux le second plus grand groupe de visiteurs pour la Turquie, et ils sont devenus si importants pour le tourisme de ce pays que les complexes hoteliers ont commencé à recruter du personnel russophone, et à étoffer leur offre avec des services qui leur sont spécialement dédiés.

Selon une récente présentation de BGC Partners à des investisseurs, la crise diplomatique entre la Russie et la Turquie pourrait coûter 3 milliards de dollars en exportations, 3 milliards de dollars pour le tourisme, et 6 milliards de dollars en autres types de commerces pour cette dernière.

Or, les sanctions économiques imposées par l’Occident à la Russie, et l’effondrement des cours du pétrole, qui ont affaibli son économie, se faisaient déjà sentir sur le tourisme turc. Les professionnels du secteur avaient constaté une chute des visites des touristes russes de l’ordre de 19% par rapport à la même époque l’année dernière, et leurs recettes avaient déjà chuté de 6,5% en conséquence.

Ils s’inquiétaient déjà de l’influence du conflit dans leur pays voisin, la Syrie, sur la perception que les voyageurs ont de leur pays. Cet été, la police bloquait régulièrement les rues de Cesme, pour bloquer le flot de réfugiés en route vers la Grèce. Cesme est en effet voisine d’Izmir, l’une des plus grandes stations balnéaires de la Turquie, qui n’est distante que de 7 Km de l’île grecque de Chios, et est devenue pour cette raison une porte d’entrée vers l’Europe. Un contexte qui n’est pas favorable aux affaires: “Les gens ont arrêté de venir. Pouvez vous vous imaginer en train de manger ici tout en regardant ces pauvres gens en marche vers leur liberté?”, commente un restaurateur.

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